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Chroniques d’Italie

Chroniques d’Italie par Jean St-Hilaire

Nous planons sur un nuage noir. En route vers Mirabel, à l’embarquement, depuis, une pensée nous assaille : vers quoi allons-nous ?  » Je gage que c’est remis « , jette Mireille, pas tant par fatalisme que pour conjurer le mauvais sort.

17 janvier

Depuis deux jours… Vers les 4 heures du matin, une voix étrangement monocorde, presque surréaliste, vient survolter nos têtes engluées de sommeil, la voix du commandant de notre aéronef KLM [747] :  » Deux scuds irakiens sont tombés il y a quelques minutes sur Tel Aviv « . Rien de bien musical à nos oreilles de vacanciers. Culpabilisant. Deux petites heures plus tard, nous foulons les couloirs astiqués de Schiphol, l’aéroport d’Amsterdam, dans l’attente de notre correspondance pour Munich. La tension se voit, se sent. Regards en tire-bouchon du personnel… Et ce malaise qui s’empare de nous, enfantin, stupide, au vu d’une physionomie un tant soit peu méditerranéenne… État de siège psychique. L’autodéfense paranoïaque. L’absurde se porte bien. Dans les halls d’attente, les écrans télé crépitent des bombardements sur Bagdad.

Aux abords de Munich, les champs nus nous explosent au visage.  » Pas de neige à moins de 1 500 m, nous dit, triomphante, la jolie préposée au comptoir de location d’autos de l’aéroport.  » Faudrait aller en France…  »

Elle pousse le bouchon. Nous cinglons depuis peu vers Garmisch-Partenkirchen que la neige apparaît, indécise. Il est blanc d’une blancheur irréelle, mais bien mince, l’édredon qui s’étale devant nos attentes de fondeurs.

Six à bord de notre fourgonnette. Nous filons vers Dobbiacco, dans le Trentin Haut-Adige, en Italie. Coupe du monde des maîtres. Mireille, c’est dame Belzile, la femme de notre Pierre Harvey. Il y a aussi Daniel Auclair et sa douce, Lucie Brunet, de même que notre Robert Giguère national et votre serviteur, Jean St-Hilaire. Notre jeune doyen Georges Girard était aussi du vol, avec le Saguenéen Marc Larouche. Ils rallieront l’Italie en train, avec l’Ontarien Goesta Edvardsson, qui les attend en gare de Munich.

Pleins gaz vers l’Italie. Pierre malmène le champignon, Daniel l’encourage, les filles ne disent mot sans consentir, Robert et moi faisons du rappel dans les virages… Oh ! les jolis précipices… Halte bouffetance à Seefeld. À la demande de Robert, qui n’était pas de l’expédition de 1988 et qui tenait à s’imprimer tout ça dans les lentilles. Dîner sur la terrasse, à deux gorgées de blonde du plateau de départ, que nous venons de reconnaître. Demi au poing, notre Robert s’enflamme, des vapeurs poétiques embrument bientôt ses lunettes; plus pâmé que ça, tu lévites ! Ça y est, qu’on se dit chacun à part soi dans un obscur pressentiment : il se prépare à nous en jodler une… Et hop ! on écluse. C’est ainsi que nous lui coupons le sifflet net et plongeons sur Innsbruck bercée de printemps. Regain d’hiver sur le col du Brenner… et nouveaux soupirs inquiets, dans la descente toutes voiles sorties vers Brixen [Bressanone], première ville d’importance sur notre chemin, en territoire italien. Pas plus de neige que de champagne en enfer. Vandoies, Chienes, Brunico… nous montons vers Dobbiacco-Toblach sans que le sol se couvre significativement. Mais enfin, nous montons et l’altitude finira bien par imposer son fait.

Comme de juste, aux abords d’une petite commune voisine de notre destination, un raidillon nous hisse subitement sur de quoi faire notre bonheur, un trente centimètres de neige qui ira s’épaississant à 50-60 cm à Toblach. Nous arrivons à la nuit tombante, passons nos pelures en vitesse et allons nous dérouiller, qui sur les pistes des championnats, dans le goulot vers Cortina, qui sur une piste communale, qui vient pour ainsi dire nous cueillir à la porte de notre appartement de vacances. Ensuite, nous casserons la croûte dans une auberge tout près. Notre proprio nous accompagne, histoire de nous offrir le Refosco [superbe !] de bienvenue. Il est de langue allemande, comme une forte majorité dans la province autonome de Bozen [Bolzano]. Le Sud Tyrol, les propriétés du commun à un million de dollars US, les hypothèques sur trois générations, le Volkspartei, la prospérité sans pareille du coin… il n’élude rien, l’Italie est ici très fière, mais c’est en allemand que ça se passe. Les spaetzli le disputent aux pasta au menu des restaurants et l’habitat est indiscutablement tyrolien, c’est-à-dire massif, typique et chaud avec ses bois au naturel et ses ouvertures en trompe-l’œil.

19 janvier

Nouvelles extases de Robert au lever, la couronne dentelée des Dolomites lui fait de l’œil, au sud. Il gazouille à la reconnaissance du parcours, il supporte sans peine les 1 200-1 300 m d’altitude sur lesquels se déploie la bouche de 15 km. Beau stade, assez chaleureux, à l’entrée sud de la ville. Beau boisé. Une montée assez sèche, à 1,2 km du départ, puis une autre, assez longue et exigeante sans être vraiment pentue, quelques kilomètres plus loin. Faux plats sur la haute partie, traversée d’un lac, quelques montées, puis descente assez grisante vers le stade. Un parcours dammé dur et tracé en triple sur une vieille neige farineuse qui nous restera jusqu’à la fin des concours. Pas de difficultés techniques particulières. Un parcours sélectif pour les récréatifs, mais pas pour les cracs. Nous qui redoutions les problématiques alchimies de klister skierons toutes les épreuves sur farts durs. Les canaux gèlent à Venise, à 150 km au sud, une vague de froid sévit sur le nord de l’Italie, les coureurs de classique s’exécuteront par -12 °C à -19 °C, ces températures prévalant jusqu’à près de midi, sur la basse partie du parcours et le stade, ombragés qu’ils sont en est par une formidable barrière rocheuse.

20 janvier : 30 km messieurs

Le -15 °C du départ de la course de classique a fondu à -5 °C pour le style libre. Deux boucles de 15 km. Pierre Harvey enlève la première de ses deux victoires. Au retour sur le stade, il est second, derrière le coriace Soviétique Andrei Sergueev. Sur sa gauche, les 45-49 viennent de partir… s’il n’accélère pas, il risque le coinçage. Il hâte le pas, double son homme. Le duo réussit à déborder les nouveaux partants avant le goulot du premier pont. Ouf… Dans la tête de Pierre, la cause est entendue. À la première montée [1,2 km], il plaque une accélération sèche et reprend le manège dans la suivante.  » Je me disais qu’il valait mieux en baver 3 km que d’en skier 15 stressé et risquer de me faire doubler au sprint « , résumera-t-il. Chrono de 1 h 20 min 13,5 s au bout du compte. Sergueev tardera de 49,2 s; l’Autrichien Virgil Sschneider est 3e. Plus en forme qu’il l’eût cru, Daniel Auclair termine 6e en 1 h 28 min 08,8 s. Dale Foley, le mari de Nianne, la présidente de l’ACMSF, fait 22e en 45-49 ans [1 h 36 min 14,2 s]. Dans la même catégorie, mais en classique, votre obligé fait 49e [sur 58…] en 2 h 12 min 32 s.

Le lendemain, place aux dames et aux messieurs 60 ans et plus. Notre bon Robert, qui a rêvé en double poussée une bonne partie de la nuit, est le premier en piste. 20 km. Plusieurs bons lévriers dans cette classe des 60-64. Rapides, mais terriblement oublieux… Le meneur part-il aux pâquerettes qu’ils sont 37 à le suivre. Dont Robert qui ne réalisera son erreur qu’au  » warm-down « .  » Ah ben… ah ben…  » 38 DSQ. Le poète de Beaupré n’en finit pas de soupirer sur ses feuillets de résultats. Car bons princes, les organisateurs accorderont leur chrono aux  » déviants « . Robert était 10e en 1 h 18 min 46,7 s. Resté dans le droit chemin, il eût été 1er ! C’est que nos papillons ont skié un kilomètre de trop et que le premier des dix-neuf classés, le suisse Alfred Burgler, a mis 1 h 17 min 10,1 s.

En après-midi, Mireille [30-34] joue gros jeu sur 20 km libre : elle sera première ou… dernière. Que deux au départ. Elle sème la suissesse Ulrike Sobkowski de six secondes pour l’emporter en 1 h 13 min 5,6 s. Meilleur temps de la journée : Maria Canins [35-39], en 57 min 4,5 s. Lise Daudrich est 2e en 55-59 ans [1 h 22 min 23,4 s]. Nianne Foley [45-49], 7e [1 h 29 min 21,2 s]. En classique, Marc Larouche fait 24e [1 h 54 min 36,1 s] en 65-69 et Goesta Edvardsson 4e [1 h 23 min 33,1 s], dans la même catégorie. Inscrit en libre ce jour-là, notre doyen Georges Girard, reçu quelques jours plus tard maître honoraire de l’Association des maîtres suisses, termine 3e en 2 h 07 min 30,3 s.

Ces mondiaux nous poussent en marge du temps, le téléjournal de fin de soirée nous y ramène. Les cratères de Bagdad, l’humiliation des pilotes descendus… Nous y ramène un peu : la montagne est trop magique, le vin trop doux.

22 janvier : 15 km messieurs

 » T’es une machine !  » lance avec un air de résignation admirative l’ex-international Yuri Bourlakov, à la tête de Pierre Harvey. Pierre vient de lui prendre 1 min 37 s. Chrono de l’express pressé de Saint-Ferréol : 38 min 33,2 s. Bourlakov est second, Schneider 3e. Un certain Vladimir Nikitin, affublé d’une bonne bouille de forçat, fait 7e. Une gloire pas si ancienne du programme soviétique lui aussi.  » Pas en forme « , invoque-t-il en allemand approximatif à l’adresse de Pierre.  » Bourlakov, pas mal. S’entraîne plus « . Notre champion a entrepris la course à fond de train, il redoutait la conformation du parcours, avec ses faux-plats où un adversaire hargneux pouvait le crocheter.  » Je suis surpris, c’est un bon temps… à 30 % du volume d’entraînement de la carrière active « .

Daniel, lui, s’était rabattu sur le classique. Quatrième en 44 min 23 s. Pas mal du tout. Une glisse plus molle que ses devanciers 1. Sergueev [URS], 2. Norbert Wurm [BRD], 3. Torstein Bjrhusdal [NOR], il s’est bien battu. Autres résultats : Dale Foley, 17e des 45-49 en 45 min 58,8 s en libre; Harold Daudrich, 24e des 55-59 en 55 min 19,8 s en libre; et Jean St-Hilaire, 56e des 40-44 en 1 h 7,8 s en classique.

Au soir, banquet tyrolien dans l’immense entrepôt plutôt frisquet d’une exploitation de bois d’œuvre. Cochonnailles, spaetzli, apfel strudel, le tout arrosé très  » prodigualement  » d’un kaltenbrunner, un rouge gouleyant de montagne. Sympathique. Plus que sur le stade encore, nous prenons conscience, non sans émotion, de la présence libre de maîtres soviétiques. Ils sont là à s’étonner, discourir ou rire des mêmes choses que nous; ils sont de la fête, avec plus d’exubérance que les classés occidentaux, je dirais, quand on les mande au podium. Sur le stade, sans doute nous envient-ils. La perestroika ne souffle manifestement pas encore sur les sentiers de neige de l’URSS. Le vêtement est le plus souvent d’un autre âge, fatigué. L’équipement est désuet, mais la performance très à jour… Un ange passe, à la remise des médailles des 50-54 ans. Tatiana Zlobina revient de la fontaine de jouvence, c’est forcé. Les têtes se tournent. Sur la championne ? Sûrement pas. Sur l’exemple de vieillissement déjoué ? Pas sûr. Ce que tous admirent en elle, c’est ce je-ne-sais-quoi aérien de noblesse incarnée. Pas celle de la particule, celle de la fierté et de la force de caractère. J’avais déjà vu ce regard quelque part, ce calme regard bleu acier aiguisé par mille ans de steppe… Le parfait sosie de la grande comédienne soviétique Alla Demidova, applaudie à la dernière Quinzaine internationale du théâtre de Québec. À cause de l’intériorité du regard surtout.

23 janvier : 10 km dames et 15 km messieurs, 60 ans et plus

Cette fois, Robert ne s’égarera pas, il a réformé son logiciel, c’est comme s’il avait le parcours gravé dans ses lunettes. Très froid : -18 °C. Il part comme une balle : premier au fond de l’entonnoir ! Il fera finalement 55 min 48,7 s. En classique, bien sûr. Treizième, ce qui est dans l’ordre de ses performances d’Ostersund. Il bougonne néanmoins à l’arrivée :  » Skis lents… « . Pierre et Daniel y regardent de près : fart de glisse insuffisamment raclé et surtout, fart de poussée dans la rainure. Ce jour-là, cette veille de course-là, notre Robert n’aura oublié qu’une chose : ses lunettes au fartage ! Il mâchouille sa déception, branle du chef, reconnaît. Trois heures plus tard, plus rien n’y paraît. Dans le col de Cortina, où nous cheminons par près de 1 500 m, en randonnée touristique, à vue du chapiteau doré des Tre Cime [les Trois Cimes], il est pris d’un nouvel accès de spasmes poétiques. Photos et re-photos, minestrone à 8 000 lires à l’auberge de la ligne de partage des eaux, et nous redescendons vers Dobbiacco.

Mais avant, Mireille avait exercé de nouvelles prédations en enlevant l’or du 10 km libre. Quatrième au sortir du stade, elle rejoint bientôt la meneuse, mène la course de contrôle et la double sans rappel sur le pont menant au stade, à 500 m de l’arrivée. Les médailles pleuvent drues sur l’Anna Gasthof, quel bonheur qu’on les remette à dix pas de notre porte, tout près de l’école communale. Il faut vous dire ici que nous logeons dans le vieux Toblach, à une minute de marche du monument à Gustav Mahler. Figé dans sa superbe de bronze, celui-là a tourné le dos à nos ébats tout au long des championnats. Son regard porte vaguement vers Innsbruck, au nord. Notre copain Raymond Couture, qui a déjà servi une partition du maître autrichien, à l’OSQ, apprendra peut-être avec un serrement de cœur que c’est dans ce hameau paradisiaque, qui compte aujourd’hui 3 000 âmes, que Mahler a mijoté quelques-unes de ses grandes œuvres, dont les symphonies  » Résurrection  » et  » des Mille « .

Autres résultats du jour : Georges Girard, 3e en 1 h 22 min 22,9 s sur 15 km classique en 75 ans et plus; Marc Larouche, 23e en 1 h 12 min 44,3 s en 65-69 sur 15 km classique; et Goesta Edvardsson, 9e en 1 h 2 min 10,8 s en 65-69 sur 15 km classique.

Un étal de journaux, au retour du stade. Dur rappel à la réalité.  » La gerra sera longa « , titre La Stampa

24 janvier : les relais

Coup de théâtre dans les relais 3 x 10 km classique, chez les 30-34 ans. On a surclassé Dale Foley pour l’occasion, il court le relais intermédiaire, entre Daniel et Pierre.

D’entrée, la commande s’annonce lourde, Soviétiques, Allemands et Autrichiens opposent des équipes profondes. Daniel revient au stade 4e [un peu plus de 29 minutes], Dale réussit à maintenir un contact relatif à la deuxième boucle [32 minutes +] et c’est depuis la sixième place que l’express Harvey se met en chasse des meneurs, une sixième transformée en une cinquième contre toute attente. Jusque-là, les Soviétiques tenaient la carotte. Nikitin les avait portés en tête et Bourlakov semblait avoir creusé un écart irrémédiable. Semblait… Le véloce Sergueev manque en effet à l’appel. Beau temps pour roupiller… Pierre part donc comme un dératé, tourne en 26 et des miettes, de loin le meilleur chrono du jour, et rentre avec le bronze. Allemands et Autrichiens ont mérité l’or et l’argent dans l’ordre.

En 60-64, Robert court le 3 x 5 km classique avec Marc et Goesta, deux surclassés des 65-69. Leurs chronos, dans l’ordre : 17 min 35,8 s, 23 min 21,9 s et 19 min 56,9 s. Neuvièmes. Même type d’association chez les féminines où Mireille, que nous surprendrons en pleine randonnée de santé [19 min 34 s], compose avec Lise Daudrich [55-59, 22 min 28,8 s] et Nianne Foley [45-49, 24 min 29,6 s] pour enlever le bronze, en 30-34 ans.

Au soir, deuxième banquet, dans la même enceinte que le premier. Même lubrifiant : le petit Kaltenbrunner. Des pâtes au menu, si j’ai bonne mémoire. Au micro, Dieter Eckmann, le président de l’Association mondiale des maîtres, y va de quelques nouvelles si péremptoirement larguées qu’on en demande si elles ne sont pas prématurées… L’une d’elle du moins. Royal Gorge, c’est fini :  » De 250 à 300 US$ d’inscription, c’est trop cher, nous avons plutôt opté pour Anchorage, en Alaska « . Championnats de 1992 s’entend. Ceux de 1993 ? Non plus à Lillehammer, la ville hôtesse des Jeux olympiques d’hiver 1994, mais à Geilo-Ustaoset, coquette station de montagne du Telemark. Ça reste donc en Norvège. Les championnats de 1994 appellent quant à eux un autre vol sur Munich puisqu’ils ont été attribués à Finsterau, petite station de Bavière située à l’entrée d’un parc national adossé à la frontière tchécoslovaque.

Le lendemain, au petit matin, Georges, Marc et Robert prennent le car pour Venise.  » C’est beau, mais mal drainé « , concluent-ils d’un commun accord. Les Brunet-Auclair, Belzile-Harvey et St-Hilaire optent quant à eux pour une excursion du côté d’Anterselva. L’équipe canadienne de biathlon séjourne dans une chaleureuse auberge de Mittel-Antholz [Anterselva-du-Milieu]. Les entraîneurs Bernard Voyer et Pierre Bégin nous y accueillent et nous partons de ce pas gravir, à skis de fond, les quelques 450 m qui nous séparent du pas de tir de la piste de biathlon aménagée à la limite des arbres, à 1 800 m. Descente grisante par la même piste pour le retour et plantureux repas d’hydrates, avec les gars et les filles de l’équipe canadienne. Il y a là, entre autres, dans une forme resplendissante, la toute récente gagnante d’une course de Coupe du monde, Myriam Bédard. Barrage de questions pour les Harvey-Belzile : en haute performance, un médecin et un modèle ne sont jamais de trop.

Au soir, après un délicieux repas de pizza arrosé d’un remarquable Foioneghe, introuvable au Québec, nous nous rassemblons chez les Daudrich, à l’invitation de l’ACMSF, pour un petit  » social  » sympathique.

26 janvier : 50 km classique, messieurs [écourté à un peu plus de 44 km] et 30 km classique dames et hommes 60 ans et plus [écourté à un peu plus de 26 km]

Dernier coup de collier. Déjà. En éliminant la montée du départ et une pente moyenne, au 12e km, on a court-circuité l’objectif du triplé de Pierre. Le parcours a perdu en sélectivité. Notre crac et Sergueev roulent ensemble jusque vers le 20e km, soit sur les plats du haut parcours où le Soviétique force le train.  » J’avais peur d’exploser, je l’ai laissé aller « , devait admettre Pierre. À la mi-course, il tenait encore une minute sur l’Allemand Norbert Wurm. Sergueev avait mis ses deux poursuivants d’accord, ceux-ci lui abandonnaient le titre [2 h 10 min 13,8 s]. Dans la longue descente donnant sur les plats de l’arrivée, Wurm revenait sur notre homme, se collait par la suite à lui comme une ombre et lui chipait l’argent au sprint. 2 h 11 min 20,3 s contre 2 h 11 min 23,2 s. Daniel Auclair, lui, mettait 2 h 20 min 53,2 s pour finir 7e. En 55-59, Harold Daudrich était 53e en 3 h 25 min 58,5 s; en 45-49, Dale Foley faisait 29e en 2 h 42 min 21,9 s et en 40-44, votre scribouillard se démenait durant 3 h 19 min 35,2 s pour finir 62e. Petit mot de réconfort de mes filles, au retour au pays :  » On te l’avait dit que t’avais pas d’affaires là ! « . Plusieurs abandons : 41 en 55-59, 40 en 45-49 et 50 en 40-44. Il faisait pourtant beau. Froid au départ, mais bon après 11 heures. La date hâtive, sans doute.

Pendant ce temps, Mireille  » terrassait  » ses rivales sur 26 km et quelque et enlevait son troisième titre des championnats en 1 h 50 min 21,5 s. Ses quatre rivales ont toutes abandonné en chemin. Nianne Foley 16e en 2 h 34 min 33,8 s en 45-49.

Chez nos  » turbulents « , Georges terminait 4e en 2 h 33 min 1 s [75 ans et +]; Marc, 29e en 2 h 18 min 55,1 s [65-69]; Goesta, 14e en 1 h 53 min; et notre Robert, 14e en 1 h 42 min 26,6 s [60-64].

Le moment du retour, déjà… Bien sûr, la guerre nous a épargnés, mais la mort ne devait pas nous oublier. Quelque part pendant la semaine, un membre du jury, le Finlandais Vesko Eskelinen, décédait d’un infarctus.

Une dizaine exceptionnelle. Le comité sud-tyrolien n’avait rien ménagé pour réussir, le mouvement mondial des maîtres a été bien avisé de se pointer chez-lui, il ne peut qu’avoir accru son rayonnement, entendu que les fondeurs transalpins s’étaient montrés jusque-là quasi absents des championnats annuels. Nous devons aussi des remerciements sincères à Nianne Foley pour sa présence assidue aux réunions techniques, de même que la précision et la promptitude qu’elle a mises jour après jour à porter à notre attention tout renseignement utile.

Ciao Italia ! Gruss Gott Sud Tyrol. Les Belzile-Harvey et le soussigné gagneront Munich le lendemain, par le col du Gross Venedigger, laissant derrière eux Lucie et Daniel, en tête-à-tête pour une semaine de ski alpin. Georges, Robert et Marc feront pour leur part un crochet vers Genève, en train, par la Lombardie [italienne] et le Tessin et le Valais [suisses]. Ils y visiteront les Dupasquiers, participants de longue date aux mondiaux des maîtres. Georges en profitera aussi pour faire ses représentations, au nom du Centre mondial de commerce de Beauport. Après quoi notre fringant trio rentrera à Munich pour le vol du retour. Au passage de la vieille ville, il s’arrêtera faire une génuflexion ou deux au saint des saints des buveurs de bière, la Hofbrauhaus.

Robert affirme être sorti de là sans problème de transfert de poids. Georges, lui, affirme en être sorti sans problème tout court. Et Marc ? Avec deux problèmes… ! Qu’on a dit. On sait pas, on n’y était pas. Des bobards, sans doute. Espérons toutefois…

Sans rancune, les gars !

1991

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