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Les pertes d’énergie

 

Selon Newton, un objet en mouvement tend à conserver sa vitesse à moins que des forces le ralentissent. Si nous parvenons à comprendre les facteurs qui contribuent à ralentir le glissement d’un ski sur la neige, nous pourrons diminuer leur importance et ainsi améliorer cette glisse tant recherchée.

Ces facteurs sont de deux types : incontrôlables et contrôlables.

Facteurs incontrôlables

Bien que l’on ne puisse modifier ces facteurs, il est quand même important de les identifier afin de mieux les comprendre. On y retrouve :

  • le poids du skieur;
  • la gravité;
  • l’air [température, humidité relative];
  • la neige [température, structure-âge, contenu en eau, saleté];
  • la qualité de la piste.

Facteurs contrôlables

L’histoire est cependant différente pour ce deuxième type de facteurs. On peut y exercer un meilleur contrôle afin de diminuer l’effet de ralentissement du ski. Ce sont, par ordre d’importance :

1. La tension du ski [le  » ski flex « ]
On parle ici de la distribution de la pression sous le ski lorsque celui-ci st sous tension. Il faut tenir compte du poids du skieur, de la qualité de la technique [poussée de la jambe, transfert de poids] ainsi que de la dureté de la piste.

Un ski trop  » mou  » produira un frottement excessif dans la partie centrale, alors qu’un ski trop  » rigide  » exercera une trop grande friction aux extrémités [talon et spatule].

Pour ajouter à la confusion, un ski de style libre demande une distribution de la pression différente d’un ski de style classique. Vous gâcherez tout votre plaisir si vous achetez un ski qui ne convient pas à vos besoins. Le bon  » flex  » est un facteur essentiel.

2. La rugosité de la semelle
Une semelle de ski devrait être miroitante et douce comme de la soie. Les défauts, telles les égratignures, les déchirures et les cavités, contribuent à ralentir la glisse. Diverses méthodes peuvent être utilisées afin d’aplanir et d’adoucir la semelle :

a) Le sablage
La méthode est facile à apprendre, mais exige beaucoup de temps. On débute avec du papier à gros grains [no 80] pour terminer avec du papier à grains fins [no 440].

b) Le grattoir de métal

Beaucoup plus rapide que la précédente, cette méthode requiert de l’habileté et de l’expérience, Tel un rasoir, le grattoir enlève des couches très minces de polyéthylène permettant ainsi d’obtenir une surface lisse. La disparition de la couche microscopique de la semelle oxydée aura pour effet d’augmenter la faculté d’absorption du fart. Il faut utiliser un grattoir de bonne épaisseur, très bien aiguisé et d’excellente qualité.

c) La pierre à polir

D’abord utilisée en ski alpin, cette méthode a récemment fait son apparition dans le domaine du ski de fond. On obtient de meilleurs résultats, mais l’équipement est coûteux et très spécialisé.

3. La structure de la semelle

Un ski se déplace tantôt sur une pellicule d’eau d’épaisseur microscopique, tantôt sur des gouttelettes d’eau. Plus la neige contient de l’eau, plus l’effet de succion devient important. Différentes techniques permettent d’améliorer le glissement :

a) Le sablage

La grosseur du grain utilisé dépendra du contenu d’eau dans la neige.

b) Le rainurage

L’opération consiste à inscrire des sillons dans la semelle afin de réduire le frottement. Ces rainures parallèles varient en profondeur, en largeur et en quantité selon les conditions de neige et de température. On utilise des outils manuels [ » rillers « ] ou des machines à rainures qui permettent de produire un grand éventail de sillons en fonction des besoins.

Dans certaines conditions, une absence complète de structure diminuera beaucoup la glisse.

c) Le brossage

La brosse de bronze permet d’obtenir un microrainurage lors des conditions froides, alors que la brosse d’acier produit des rainures profondes dans des conditions de neige saturée d’eau.

d) La texturation

Cette nouvelle technique consiste à rayer la surface de la semelle selon des conditions bien définies. Des appareils automatiques impriment différents motifs permettant de créer la texture de la semelle.

4. La cire

Aspect souvent surestimé, la cire n’est pas le remède miracle. Un ski avec la tension appropriée et dont la semelle est bien polie et bien structurée sont des facteurs plus importants que de choisir exactement la bonne cire. Il reste cependant qu’un très mauvais choix de cire peut considérablement ralentir la glisse. D’où l’importance de bien lire les instructions sur l’étiquette.

Depuis quelques années, de nouvelles cires contenant du fluor sont apparues sur le marché. Ces nouveaux produits sont résistants, hydrophobes et repoussent la saleté contenue dans la neige. Elles diminuent de façon significative les forces d’adhésion entre la semelle du ski et la neige. Leur rendement est optimal en présence d’une forte humidité. Par contre, leur coût d’achat demeure élevé.

5. La préparation finale

Cette phase comprend les opérations suivantes :
• enlever le surplus de cire;
• brosser la semelle;
• refroidir le ski;
• appliquer la cire de grippe.

Négliger ces aspects peut compromettre tout le travail déjà réalisé.

Dans les conditions froides, un excédent de cire permet aux fins cristaux de neige de pénétrer dans la cire. Dans les conditions plus chaudes, la saleté est plus facilement retenue par la cire. Dans les deux cas, la conséquence est la même : le frottement augmente. Il faut bien gratter la cire et brosser plusieurs fois.

Un ski mal refroidi peut faire glacer la cire de grippe. De même, une zone de retenue [ » wax pocket « ] trop courte limite la poussée, alors que le frottement augmente si la zone est trop longue.

Comme on peut le constater, la préparation finale est un facteur aussi important que les précédents.

6. Le type de semelle

On trouve sur le marché plusieurs types de semelle possédant différents poids moléculaires, certains étant recommandés selon le type de neige. La semelle noire, contenant du graphite, s’est avérée être celle qui donne le meilleur résultat dans plusieurs conditions de neige. Le graphite est un agent lubrifiant et antistatique qui permet de repousser la saleté et de diminuer le frottement.

De façon générale, la semelle doit être de bonne qualité et posséder une grande capacité d’absorption de la cire.

Éliminer l’oxydation et bien nettoyer la base de vos skis sont des atouts supplémentaires.

1994

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