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Hommage à Georges Girard

Hommage à Georges Girard par Marc-André Cournoyer

Permettez-moi de vous entretenir, un bref moment, de la vie d’un homme que l’Association des maîtres en ski de fond veut honorer.

Les dirigeants de votre association, par la voix de son secrétaire, veulent honorer un octogénaire qui a fait de sa vie une vie d’activités physiques dans bien des domaines, sur les deux continents et pendant près de trois quarts de siècle.

Il vit le jour à Saint-Casimir de Portneuf, aujourd’hui sûrement Saint-Cas. Il est un rejeton de la famille célèbre des Delamarre. Une famille établie dans la région de Québec depuis fort longtemps et originant du Lac-Saint-Jean.

Les gens de plus de soixante ans se souviendront de l’homme fort Victor Delamarre. Sa mère était une soeur de Victor, mon oncle Victor dit-il encore fièrement aujourd’hui.

La localité de Saint-Casimir perdant son activité principale, les usines de forgerons, boutiques de forge alimentant les industries de Trois-Rivières du même genre, le paternel déménagea sa jeune femme et sa petite famille à Giffard près de l’église. La mère ne pouvait se servir que d’une seule jambe et était d’une famille pieuse; vous voyez donc là une qualité du père qui a été transmise au fils qui nous intéresse aujourd’hui. Le sens du pratique, aujourd’hui le pratico-pratique. Trait particulier de la famille, son père, deux fois plus âgé que sa mère, regagna le marché du travail après l’avoir abandonné au bout d’une première carrière normale. Pour se résumer, à son mariage avec la jeune, il retourna travailler pour ériger et soutenir une famille.

Celui qui nous retient aujourd’hui, pour faire progresser la Belle Province, travailla longuement aux chantiers Norton de Lauzon, les ancêtres de la MIL actuellement qui vient de changer de nom. Après plusieurs emplois, dont l’un au journal L’Événement de Québec, il termina sa période active dans le monde du travail en s’occupant de réhabilitation auprès des jeunes délinquants, ceux qui grouillaient, dit-il, souvent.  » Ceux non tièdes, si bien orientés, arrivent bien  » est sa devise dans ces cas. À cela se greffe une période à la chefferie de la police municipale de Giffard et un séjour au conseil municipal de la même ville.

En arrivant de la lutte où il fut champion canadien de sa classe, il se lança dans le ski de fond, dans le cyclisme de longue distance et dans l’exploration des bois dans la région de Québec, des deux côtés du fleuve, surtout dans la Seigneurie de la Côte-de-Beaupré. Il possède une des rares passes que le Séminaire de Québec délivre pour permettre de circuler sur les terres qui lui ont été cédées par le Roi de France.

Il fut, avec de valeureux compagnons, la bougie d’allumage de plusieurs centres de ski de fond dans la région et même, à coup sûr, à l’extérieur aussi.

Il compétitionne depuis onze ans d’affilée aux championnats mondiaux des maîtres en Europe et en Amérique du Nord, revenant médaillé à chaque compétition. Il vit depuis de nombreuses années plusieurs amitiés internationales avec des célébrités du monde du sport olympien.

À la dernière compétition en Finlande, il fut troisième derrière un Suédois et un Russe. Il veut fortement participer aux prochaines  » World Masters Championships  » [WMC], en mars 1997 en Italie, où il retrouvera de vieux amis et de vieux adversaires.

Sa province, son pays, que dis-je, il l’a apprivoisé de long en large en ski hors-piste, en compétitions, en bicyclette de montagne de l’extrême côte nord jusqu’à l’Abitibi en passant par l’intérieur des terres aussi, car il parcourut le sentier des Jésuites avec trois compagnons du Lac-Saint-Jean au parc Cartier-Brébeuf à Québec par les bois. Dans le nord québécois aussi, sur l’orageuse et rapide Toulnoustouln, qui veut dire torrent des hauteurs en langue montagnaise. Aussi, il participa à la célèbre randonnée Gaspé-Hull en ski de fond durant la non moins célèbre année 1984. Thierry Petry, le compagnon de Bernard Voyer au pôle sud et au Groenland, faisait aussi partie de cette odyssée.

En votre nom, en mon nom personnel, je remets à M. Girard, M. Georges Girard, une plaque commémorative par laquelle on veut se garder présents dans ses souvenirs, tous plus épiques les uns que les autres, par laquelle on veut lui laisser une marque durable et tangible de notre appréciation pour ce qu’il a fait pour l’Association, pour l’avancement du ski de fond, pour l’exemple qu’il démontre aux jeunes, pour nous avoir représenté dignement sur une période de plusieurs décennies.

Je veux le féliciter aussi pour l’œuvre accomplie en tant qu’ambassadeur des sports de la Ville de Beauport.

Vous trouverez en lui un grand communicateur; si vous êtes réceptif, il est intarissable.

Il faudra que je trouve le moyen et les moyens pour l’amener au mont d’Iberville, au Nouveau-Québec, près des frontières avec le Labrador sur la côte de la mer d’Ungava. C’est là le point culminant du Québec à un mille d’altitude.

Avril 1997

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