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Les Championnats canadiens des maîtres: des vacances dans le ‘piton’

Les Championnats canadiens des maîtres : des vacances dans le « piton » par Pierre LaRue

Du 6 au 11 mars dernier se tenait, à North Bay et à Temiscaming en Ontario, les Championnats canadiens des maîtres en ski de fond. Ces championnats, aux saveurs amicales et compétitives, ont rassemblé cette année près d’une centaine de skieurs provenant d’un peu partout au Canada. Onze maîtres québécois ont participé aux différentes compétitions, soit le 10 km classique, le 10 km libre et le 30 km disputé dans le style choisi par le compétiteur. Il s’agit de Francine Déry, Jean-Yves Babin, Gaétan Beaulieu, Bernard Carré, Louis Belzile, Robert Giguère, Pierre LaRue, Normand Mireault, Jean St-Hilaire, Guy Thériault et François Thériault.

La semaine a été du tonnerre. Non seulement nous nous sommes littéralement crachés les amygdales sur les pistes et en avons fait voir de toutes les couleurs à nos collègues des autres provinces en raflant près du quart des médailles potentielles, mais également pour l’ambiance de taquinerie qui régnait au sein de l’équipe. Certains se sont même payés le luxe de remporter l’or à chacune de leurs sorties, soit Robert et Jean-Yves, pour les maîtres à la retraite, ainsi que Gaétan dont les performances magistrales s’expliquent certainement par les bons soins de Suzelle. En son absence, notre Gaétan pu se faire « dorloter » par Francine et moi-même…

Si la semaine a été réussie, elle a tout de même débuté sous une note sombre. En effet, dès notre arrivée, le manque de neige nous a enfoncé un clou profondément dans le moral. C’est la mine pour le moins dépitée que Gaétan a constaté la piètre condition de la piste. Nous avions beau arpenter cette dernière dans tous les sens, la boue et la terre trahissaient la venue d’un printemps exceptionnellement hâtif pour la région. Seule Francine garda la tête froide se disant prête à boire du vin toute la semaine, à faire un peu de course à pied et à se servir de nous comme tête de Turc ou de dindons de la farce à notre convenance. Soit dit en passant, cette dernière en a d’ailleurs vu d’autres dans sa jeune carrière de fondeuse et ce n’était certainement pas les sautes d’humeur du climat qui aurait pu avoir raison de sa bonne humeur caustique. Quoiqu’il en soit, le soir venu, la seule représentante de la gent féminine de l’équipe usa de ces talents peu orthodoxes de psychologue en chef pour nous remonter le moral à tous et faire la morale à son biologiste pileux de chum (ça s’imposait de toute façon…) et le tout en dansant le « Flaminco ».

Enfin, au jour « J1 », soit pour le 10 km classique, les organisateurs ont fait des miracles et de nombreux bénévoles ont su étendre le tapis blanc pour nous, travaillant de longues heures à enneiger la piste. Il ne fallait vraiment pas sortir de cette piste, sinon nous allions directement embrasser la litière du sous-bois et adieux les médailles.

Après un réveil un peu anxieux, une séance collective de positivisme de type « lavage de cerveaux » fut rapidement tenue par Francine qui su s’enquérir à la perfection de sa tâche de meneuse de claque au grand dam de Louis pour qui la technique n’a malheureusement plus d’effet depuis que son travail l’a mené à Terre-Neuve. La séance eu cependant sur moi l’effet d’un stimulateur cardiaque, puisque c’est la « broue dans le toupet », l’écume au bec et le feu au cul que je devais terminer la course. Bernard, pour sa part, nous affirma que son secret à lui était de nature nutritionnel. En effet, ce dernier croit, et les résultats le confirmèrent, que la soupe aux légumes de chez East-Side Mario’s et le V-8 ont des effets positifs sur ses performances. Cette journée-là, le mercure devait monter à 12˙C et nous avons même pu nettoyer nos skis souillés de « klister » en « bedaine », pendant que François nous expliquait la stratégie qu’il avait employée sur la seconde boucle du parcours, soit l’augmentation progressive de sa vitesse en décélération constante. Cette théorie, bien qu’elle ait soulevé certains soupçons et doutes, lui aura tout de même valu un excellent temps cumulatif, lui permettant même de coiffer son frangin de quelques secondes.

En dehors des courses, nous avions la chance de séjourner aux abords du magnifique lac Nipissing au « Torbay’s Cottage Inn », site enchanteur par excellence où l’hospitalité ontarienne fut appréciée de tous. Ce site fut déniché grâce aux talents d’internaute de Jean-Yves. Aux dires de mes collègues, je pus même m’y faire deux amis, le chat et le chien du proprio, ceci dépeignait un peu le genre d’humour auquel nous étions confrontés.

Au jour « J2 », le manque de neige étant devenu critique à North Bay, nous avons dû nous rendre à Temiscaming ainsi que pour la dernière course. Ce fut au tour de Louis, Normand, Guy et Francine de se prendre pour Bjorn, Vladimir ou Larissa, mais cette fois dans une tempête de neige. Le circuit de Temiscaming présente une dénivelée moins importante qu’à North Bay. Cependant, on y retrouve tellement de virages que nous en avions mal aux tibias. Enfin, tibias ou pas les résultats furent à nouveaux plus que probants. François eu cependant quelques ratés après la course ayant poussé la machine jusqu’à la zone 6 (vraiment pas facile…) pour ensuite faire le plein d’un combustible quelque peu indigeste, le « chili con carne ».

Au jour « J3 », soit pour le 30 km, même scénario pour la plupart, sinon que Francine et Jean se sont littéralement enfermés dans une des boucles de ce parcours en huit. Si Jean su en sortir de lui-même, Louis dû intervenir pour en extirper Francine, laquelle commençait à avoir mal au cœur, la pauvre !

Enfin, lors des remises des médailles, la domination québécoise, tant du point de vue de la performance qu’au niveau de l’exubérance, fit dire au maître de cérémonie que la seule consolation des participants des autres provinces est que cette remise ait été tenue en anglais, puisque le Québec semblait tout dominer.

En résumé, ce fut pour nous, « maîtres », une semaine de rêve. Si l’entraînement est discipliné sous les bons conseils des entraîneurs Louis Bouchard et Doris Langlois, le quotidien de ces vacances ne le fut certes pas; le sport étant d’abord un plaisir et un style de vie.

L’an prochain, les Championnats canadiens se tiendront à Charlo au Nouveau-Brunswick. Une formule de quatre courses a été retenue : deux courses en style classique et deux en style libre et nous comptons bien y être à nouveau. D’ailleurs, des défis ont déjà été lancés à nos cousins acadiens. En 2002, ce sera le grand événement, puisque les Championnats mondiaux se tiendront ici même, dans notre cour, à Valcartier. Tout le gratin mondial est attendu et si l’on se fit aux derniers événements de ce genre tenus en Amérique du Nord, à Lake Placid, N.Y., on compte accueillir plus de 1 000 skieurs de toute provenance et nationalités. Nous y serons en grand nombre je l’espère…

Pour ceux et celles qui veulent consulter les résultats des Championnats canadiens, ou ceux des mondiaux tenus à Kiruna en Suède ou encore ceux des circuits provinciaux et des maîtres, je vous rappelle que le site de l’Association est en lien avec les sites de l’Association mondiale, de l’Association canadienne de même qu’avec celui de Ski de fond Québec.

 

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