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Changer pour le mieux?

Changer pour le mieux ? par Guy Thibault, Ph.D.

Les skieurs de fond utilisant une approche traditionnelle dans leur préparation physique et qui font surtout de longues sorties à intensité à peu près régulière, comme les adeptes de bien d’autres sports d’ailleurs, course à pied, cyclisme, etc., sont généralement réticents à l’idée de changer leur programme d’entraînement et d’y mettre un peu plus de séances intermittentes (entraînements par intervalles). Que disent les études scientifiques sur cette question ?

Une équipe de chercheurs de l’Afrique du Sud, dirigée par le professeur Findlay, a demandé à huit cyclistes de haut niveau qui effectuaient un volume hebdomadaire total de 305 km à bicyclette mais qui n’avaient pas effectué d’entraînement intermittent depuis quatre mois, de remplacer une portion de leur volume total de sorties (15 % ou environ 50 km) par 6 à 8 fractions d’efforts intermittents d’une durée de 5 minutes à une intensité d’environ 80 % du VO2max (soit à peu près 90 % de la fréquence cardiaque maximale). Les cyclistes effectuèrent ce type d’entraînement à raison de deux fois la semaine pendant trois semaines, tout en conservant un volume total d’entraînement inchangé à 305 km par semaine.

L’ajout de seulement six séances intermittentes d’entraînement au cours de cette période s’est accompagné d’une amélioration importante de la performance. Leur temps au 40 km contre-la-montre individuel est passé, en moyenne, de 56:24 min:s à 54:24 min:s, ce qui signifie que la vitesse moyenne qu’ils arrivaient à maintenir a augmenté de 42,7 à 44,2 km/h, changement considérable, quand on pense que ces athlètes étaient déjà d’un bon niveau de performance avant de changer de mode d’entraînement. En fait, on peut imaginer qu’avec un programme d’entraînement comprenant des séances intermittentes plus variées, ils auraient pu améliorer encore davantage leur condition physique.

Cette étude, comme certaines autres empruntant un protocole semblable, indique que les athlètes peuvent améliorer de façon significative leur performance dans des épreuves de longue durée même s’ils ont déjà atteint un bon niveau de performance, en ajoutant un certain volume d’entraînement intermittent à leurs séances d’entraînement de type continu.

Références

Lindsay F.H., Hawley J.A., Myburgh K.H., Schomer H.H., Noakes T.D., Dennis S.C., Improved athletic performance in highly trained cyclists after interval training. Medicine and Science in Sports and Exercise 28:1427-1434, 1996.

Westgarth-Taylor C., Hawley J.A., Richards S., Myburgh K.H., Noakes T.D., Dennis S.C., Metabolic and performance adaptations to interval training in endurance-trained cyclists. European Journal of Applied Physiology 75:7-13, 1997.

Gaesser G.A., Wilson L.A., Effects of continuous and interval training on the parameters of the power-endurance time relationships for high-intensity exercise. International Journal of Sports Medicine (Stuttgart) 9:417-421, 1988.

Mai 1999

 

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