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Tout ce que j’ai toujours su sur le ski à roulettes, sans jamais penser vous en parler

Tout ce que j’ai toujours su sur le ski à roulettes, sans jamais penser vous en parler par Paul Junique

Fixer le premier ski se fait sans difficulté. Les problèmes commencent avec la fixation du second. En penchant le buste, on déplace notre centre de gravité vers l’avant et notre équilibre tend à se modifier. Newton m’a expliqué tout ça dans son deuxième principe. « Pour contrer le déséquilibre, le bas du corps se déplace vers l’arrière, ce qui fait reculer la jambe (mobile) fixée au ski et on se casse la figure. »

Vous venez de prendre votre première leçon de skis à roulettes, celle qui consiste à rester debout, une fois les deux skis fixés. Si le prof est compétent, il vous montrera comment coincer le premier ski pour l’empêcher de reculer. Dans le cas contraire, il devra vous montrer comment soigner votre première brûlure.

Vous êtes sur vos deux skis ? Alors, allez‑y, c’est comme sur la neige… mais avec un casque au lieu d’une tuque.

Si vous lisez ces lignes, vous faites partie des Maîtres, vous avez obligatoirement assisté au cours « Équilibre 101 » donné par Léon – c’est un prérequis pour être Maître – et vous avez des chances de ne pas tomber tout de suite. Profitez-en, roulez un peu, les chutes s’en viennent.

Voici quelques conseils pour vous éviter bien des bobos, quelques lignes pour satisfaire votre curiosité et un article pour faire plaisir au rédacteur en chef qui en avait besoin pour le dernier numéro de L’Écho des maîtres.

  • La technique ressemble beaucoup à celle du ski sur neige, mais pour simplifier l’apprentissage, les skis de classique sont munis d’un système anti-recul qui permet aux plus nuls d’avoir un « kick » impressionnant.
  • Les roues vertes sont utilisées par temps très froid, les roues bleues s’utilisent par temps sec, les roues rouges ne sont plus à la mode et les roues jaunes sont réservées aux pistes humides et aux périodes de pluie.
  • N’essayez pas de remplacer des roues usées par des roues de carrosse de Provigo. Vous passerez pour un touriste.
  • En descente, pour freiner, le chasse‑neige est déconseillé puisqu’il n’y a pas de neige. Essayez plutôt la méthode suivante :
    • Faire une prière, baisser le bassin, poser une main – gantée de préférence – à terre, pivoter autour de la susdite main, allonger les deux jambes dans un mouvement de rotation qui abaisse le centre de gravité. Le contact sol-fesses doit se faire le plus délicatement possible. C’est Michael Jackson qui m’a montré tout ça ;
    • Une fois arrêté, sourire aux spectateurs, laver et soigner les plaies, ramasser les morceaux de bâtons brisés, se promettre de ne plus recommencer, se faire vacciner contre le tétanos, s’inscrire au plus vite au cours complet de débarques donné chaque automne par un spécialiste du club .
  • Ne circulez pas sur les autoroutes aux heures de pointe.
  • Le marché de seconde main est en pleine effervescence. Vu la rareté des roues de certains skis, on peut se procurer, pour quelques dollars, des modèles destinés au musée Jack Rabbit. Lorsque les roues sont définitivement détruites, tous ces modèles s’accrochent facilement sur un mur de garage ou dans une cave, à côté d’une vraie paire de raquettes en babiche de « Canadien Pneu ».
  • Les courses commencent à s’organiser au Québec. Elles se font le plus souvent en milieu urbain, autour des grands centres hospitaliers pour assurer un accès rapide aux centres d’Urgence santé.
  • Au mont Royal, l’an passé, le nombre de photos de skieurs à roulettes prises par les touristes a dépassé de 245 le nombre de photos d’écureuils mangeant de petites arachides salées dans la main d’un Européen.
  • Le ski à roulettes existe depuis la nuit des temps. Dans une grotte, en Mauritanie, on a retrouvé des peintures rupestres montrant un de nos ancêtres avec des skis à roulettes. Malheureusement, certains affirment qu’il s’agit de skis nautiques. Les ethnologues sont perplexes et les œnologues ne sont pas fixés.
  • Deux compagnies distribuent leurs produits au Québec. Je ne les nommerai pas (sauf si elles m’envoient des paires gratuites pour faire des cadeaux à mes amis Maîtres). Cependant, la compagnie italienne Skikette tente une percée sur le marché nord-américain. Je les essaie et je vous en reparle.
  • V2 n’est pas une sous-marque moins vitaminée de V8, comme la croyance populaire le laisse croire. Il s’agit bien d’une marque d’excellents skis à roulettes, puisque j’en ai quatre cinq paires.
  • À l’automne, on ne me voit pas tous les jours en skis à roulettes au Mont Royal. C’est une légende urbaine.

Bon, je vous quitte. Je vais essayer une nouvelle paire avec quatre roues.

Octobre 2001

 

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