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Le Mont Valin 2009

Malin, le Valin! Jean Dufresne, Granby

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Jean est membre du club de ski de fond Parc du Mont Orford. Il nous livre ici le compte rendu de son escapade au Tour du Mont Valin le 21 mars 2009.

Départ pour Saguenay vendredi am. Je reprends la température de Chicoutimi et prépare mon fart de glisse tout en me disant qu’à -12 °C, ce va être comme au Camp Mercier. Donc même préparation des skis… Juste au cas où, j’apporte quelques klisters. En après-midi au Mont Valin, il faisait -10 °C, « comme demain », me disais-je. Première surprise : tout est glacé partout, car il a plu il y a quelques jours et il a fait +10 la veille. Je vérifie la neige damée : très glacée et transformée.

Jean est un des rares skieurs de fond qui a fait neuf courses du Circuit des maîtres en 2008-2009. Il tient un blogue fort intéressant sur le monde du ski de fond à http://logue_circuit_des_maitres.monblogue.branchezvous. com/

En bouffant ma crêpe au jambon dans la salle de fartage, deux joyeux lurons rentrent avec leurs skis de style classique fartés au klister. « Au diable le classique pour demain, je change pour le libre » me disent les frères Michel et Daniel Labrie. Moi, je m’étais inscrit au libre, mais je planifiais faire le classique pour pouvoir faire ma dernière course dans l’allégresse… Je n’avais pas apporté mes bottes de style libre pour être sûr que je ne changerais pas d’idée. Pas de tentation pour la facilité!

Alors je défarte mes skis de la dernière loppet et remplace pour la klister. Bien attendu, je remarque que j’ai oublié mon « binder » vert. Alors j’y vais pour le bleu VR30 (0 – 15 °C) de Swix comme base en me disant : « pas grave, il va faire -8 au départ ». Je finis avec une couche de -7 +2 °C. Mon test dans une côte est très satisfaisant. Je fais mon 45 minutes de réchauffement avec mes autres skis fartés avec des poussettes. Très satisfaisant aussi dans les pistes nouvellement damées, mais ils décrochent facilement dans les côtes. Retour à la salle pour récupérer mes biens. Discussions avec André Gauvin et son fils qui eux avaient mis une bonne couche de VR 50 (~0 °).

Avant mon départ, basé sur les prévisions de -12 °C de la préposée à l’accueil pour le lendemain matin et de 0 ° pour le midi, je décide de rajouter une klister plus chaude pour que ça grippe sur la glace comme les Gauvin. Puis, retour à l’hôtel Le Montagnais, très sûr de mon dernier choix… Le lendemain matin, je revérifie la météo au lever planifié assez tard, car mes skis sont prêts. Encore -12 annoncé pour Chicoutimi, mais je remarque un -22 pour l’aéroport. Ça me met la puce à l’oreille, car il faisait -18 dans mon auto. Je pars.

Mon auto neuve m’indique après quelques minutes qu’un pneu manque d’air. J’arrête. Tout semble ok, je repars. Une autre alarme me signale un autre pneu mou. Shit! Nouvel arrêt. Tout semble ok, pas le temps d’arrêter dans les garages, je verrai après la course. Mon plan B était de faire du pouce avec 2 crevaisons possibles… Ma tête d’ingénieur analysait ce qui se passait avec mes pneus tout en roulant : les pneus avaient été gonflés à la chaleur et là, il faisait trop froid. Donc la pression était diminuée…Je vérifie la température : -23 °C. Alors, je me dis qu’il sera impossible que la température soit de -8 au départ.

Hummm! Pas de binder assez dur sur mes skis à cette température, la glace va tout arracher. Alors, faisant ni 1 ni 2, ma décision rapide est de défarter et de recommencer mon fartage car il faisait trop froid, croyais-je. La confiance est de mise dans une course! Je cours à la salle de fartage (300 m). Je demande poliment à deux jeunes s’ils veulent bien me passer de leur « binder Toko » que j’ai remarqué sur leur banc.

Oui! Oui! Je baisse les yeux et je m’aperçois que c’étaient des jeunes universitaires du même club Orford que moi… Peu après, en toute humilité, je vois Phil Shaw demander de l’aide au farteur Bouchard des universitaires. Lui aussi avait oublié un klister chaud… Puis je me mets à m’installer debout dans le coin d’un établi où j’ai aperçu une prise pour mon séchoir. Un bon monsieur (? Pierre de Saguenay) m’offre d’utiliser ses serres mobiles pendant qu’il essaie ses skis. Oui bien sûr, merci!

On se présente. Lorsque je dis Granby, il me présente quelqu’un à ses côtés qui a passé quelques années à Granby avant de faire son cours en médecine à Saguenay. Ah que le monde est petit, une fois de plus! Alors je farte plus froid avec l’aide de mes nouveaux amis. Binder, puis Toko viola que j’avais (-6 -18) avec une couche sous le pied de VR 40 (-7 +2). Tests très positifs. On y va, départ dans 10 minutes… mais j’apprends qu’il est retardé de 30 minutes. Ouf! Temps de relaxer, de boire et de me préparer. Nathalie Langlois me surprend à rêver de ma future course. Bonne chance! Bonne chance! On annonce qu’il va falloir enlever nos skis pour 200 m environ dans la descente d’arrivée.

Puis le départ est donné.

C’est parti! Je me place en arrière des Morel, Babin, Mireault, en me disant que je vais les suivre au début car c’est sur le plat. Erreur! Ces jeunes coqs n’étaient pas suivables, alors je ralentis un peu en me disant qu’il fallait monter à plus de 700 m de la montagne de 980 m. Mon fart de glisse bleu (-6 -12) était trop mou, peut-être. Mais mes skis allaient bien car je pouvais monter les premières côtes.

À partir du 5 km jusqu’au 25e, nous passons de 200 à 734 m en hauteur, seulement avec quelques descentes de courts repos. Le pire est quand on tourne dans la montée du sentier de motoneige au 15e km: traces très glacées de 1 pouce de profondeur, avec le plein soleil frappant dessus. « C’est la montée de l’enfer » m’a dit Rock Ouimet plus tard. Tous ont sué dans cette montée. Et le klister des skieurs en avant de moi ne retenait plus, moi inclus. D’ailleurs, il n’y avait plus de pistes. Alors on canarde! Une fois en haut, que je me disais, ça va être le repos. Le profil du parcours montre un plateau de 12 km. J’espérais me rapprocher de mes amis du départ. « Morel, ça va être ta fête », me disais-je. Erreur! Car ce sont des vallons (rolling hills) éternels, assez difficiles avec le vent qui nous refroidissait. J’étais seul très souvent. Les seuls skieurs que je voyais étaient ceux du style libre qui me dépassaient dans un train d’enfer. Pas très motivant, mais bon, le soleil radieux me changeait les idées. Merci pour vos encouragements Michel, Daniel, Nathalie, Pierre-Yves…Enfin le 8e km, et la descente qui commencera bientôt. Nous passons de 700 à 230 m en 6+ km.

Puis dans une descente, on annonce une pente raide. « Je présume que c’est là qu’on enlèvera nos skis. » me disais-je. Il y avait des cônes avec une jolie dame qui raclait la neige. J’arrête avec un peu de difficulté en présumant que c’était l’endroit. « Oui » me dit-elle en voyant mon point d’interrogation dans les yeux. Puis on court sur le mélange de glace et neige.

Je dérape souvent sur des plaques, mais je tiens le coup, car j’aime les descentes rapides de montagne! Enfin l’arrivée, en poussant fortement pour éviter qu’un poursuivant dépassé dans le dernier km me dépasse. 3 h 20. Je visais 10 minutes de moins comme à Mercier, mais je suis content. Mes compétiteurs de mon groupe d’âge sont vraiment forts. Félicitations messieurs! Je vous lève mon chapeau aussi haut que le Mont Valin. Il ne manquait que Coefficient Junique et Bernard Carré en classique avec nous.

Après quelques minutes, je vois Gauvin fils qui cherche son père. « Pourquoi sembles-tu pressé de le voir ? » lui demandaije. « Il est disqualifié et je veux savoir pourquoi il a traversé les cônes dans la côte », me dit-il et en continuant « il parait que son ami Beaulieu le suivait et lorsqu’il a entendu le préposé à la sécurité parler de disqualification, il est remonté au pas de course en haut et redescendu en bas, la langue dans les talons. » Il est arrivé environ 4 minutes plus tard, m’a dit Gaétan à la cérémonie de clôture.

Puis, mon amie Nathalie Langlois arrive avec l’air un peu triste. « Mes cuisses n’ont pas suivi ma volonté » me dit-elle. Elle me raconte que la Machine Louise Martineau a cassé son bâton au départ, qu’elle a couru à son auto en récupérer un autre puis elle est repartie gaiement. « Louise m’a dépassé dans la Montée de l’Enfer, il me semble. Je suis arrivée 10 secondes après elle, et elle méritait pleinement cette deuxième place toute catégorie » me confia-t-elle.

Toute une journée! Pas toujours en plaisir, mais très très agréable de côtoyer tout ce beau monde dynamique que sont les maîtres!

À bientôt au Camp des maîtres de décembre 2009!

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