Cette année encore, la tradition se continue : nous allons honorer un p’tit vieux qui continue à faire le jeune. Comme vous pourrez le constater, il s’agit d’un gars aux multiples facettes. Son nom : Raymond « Buddy » Couture.
Pourquoi Buddy ? Eh bien, cela ne date pas d’hier. En oui, cela daterait du temps du Collège de Lévis, dans les années 40. Son style ressemblait étrangement à un joueur de hockey de l’époque : le coriace Buddy O’Connell.
Trêve de plaisanteries, notre Buddy à nous est né le 9 novembre 1927. Ça lui fait 74 ans bien sonnés ; donc, ça sera sa dernière saison dans les maîtres 9. Mettons que ce n’est pas lui qui se plaindra de changer de catégorie l’an prochain…plus de Robert Giguère dans le décor.
Revenons aux choses sérieuses.
Il est marié à Céline depuis près de 43 ans. Il est père de deux filles et papi de trois petits-enfants : Fabienne, Yoan et Gabrielle.
Les vingt premières années de Buddy se passent tout à fait normalement. Cependant, la musique est toujours omniprésente dans sa vie. Après des études primaires à Charny et quatre ans au Collège de Lévis, il obtient son diplôme en dessin industriel et en électricité à l’École technique de Québec (en 1950) et commence à travailler au gouvernement provincial comme dessinateur. Il y restera seize ans.
Parallèlement à son travail (de 1950 à 1966), il étudie le chant classique et il chante le « pop » du temps, dont entre autres le très populaire « Donnez-moi des roses ». Ses études l’amèneront à faire quelques prestations à la radio et au début de la télévision.
De plus, il est admis au Conservatoire de Québec pour y étudier la contrebasse. Il jouera dans l’Orchestre symphonique de Québec près de vingt ans et fera partie de l’Orchestre de chambre de Radio-Canada pendant dix ans.
Ne se trouvant pas assez occupé… ou peut-être pour chasser ses mauvaises pensées, il occupe ses soirées à faire de la musique de danse au Château Frontenac. Il joue aussi du dixieland, du jazz et accompagne des chanteurs venus de Montréal, entre autres, Pauline Julien, Jean-Pierre Ferland. Il fut aussi le premier contrebassiste de Gilles Vigneault. Finalement, il joue de la basse électrique dans l’orchestre de Roland Martel.
En 1966, grand revirement. Monsieur est tanné de son travail au gouvernement. Il lâche tout pour se lancer, et le mot est faible, dans l’enseignement de la musique. La Commission scolaire régionale Chauveau l’embauche comme professeur, même s’il n’a pas son diplôme d’enseignant. Ne reculant devant rien, il entreprend ses études universitaires la même année. Après huit années d’études, il obtiendra un baccalauréat en musique en 1972 (éducation musicale) et une maîtrise en éducation musicale en 1974.
Après deux ans d’enseignement pour la Régionale de Tilly, il est embauché au Collège de Lévis en 1970 et, dix-sept ans plus tard, en 1987, il est temps pour la retraite. Sur ses initiatives, le Collège a vu naître l’option musique, les Harmonies, les « stage-band » et une chorale. Tout le monde en a eu pour son compte. En 1993, le Collège de Lévis a inauguré ses nouveaux locaux de musique, incluant des studios, des classes et une grande salle de répétition nommée « Raymond-Couture »… WOW !
Comme il ne peut se passer de la musique, il dirige la chorale « Le chœur du monde » depuis 1979. On fêtera en 2003 les vingt-cinq ans d’existence.
Comme vous pouvez le constater, le sport était totalement absent. Les études, la bonne bouffe de Céline et le manque total d’exercice ont fait que son tour de taille mesurait un beau 44. Eh oui, un beau 218 livres… pour les plus jeunes, ça veut dire 99 kilos.
Il décide donc d’entreprendre des cours de conditionnement physique avec son beau-frère afin de se mettre un peu en forme. Les livres fondent et il peut se permettre de commencer à courir avec le club Les centaures de l’Université Laval et, par la suite, La foulée. Sa première compétition a été le 10 km de l’Université Laval à l’âge de 47 ans en 1974. Il le court en 59 min 45 sec.
Il court quelques marathons et fait aussi plusieurs courses de différentes distances. Cependant, ce dont il est le plus fier, c’est d’avoir couru le 10 km de l’Université Laval en 37 min 38 sec et ce, à l’âge de 53 ans. Robert Giguère lui en parle encore.
Mais comme tout bon coureur, des problèmes dans les articulations l’ont amené à une nouvelle discipline : le ski de fond.
À l’âge de 55 ans, il fait sa première compétition : la course Lévis-Mirepoix. Mais on était loin de penser que cette compétition à saveur régionale l’amènerait au mondial.
Ici, permettez-moi deux anecdotes.
Parfois, le sport nous permet de belles rencontres. Le ski lui a permis de connaître Luc Daguerre. Ils deviennent de bons compagnons d’entraînement. Luc lui fait découvrir un autre sport, le vélo de route. Lors d’entraînement sur route, il devient alors le coupe-vent de notre très cher Buddy.
Ne reculant devant rien et pour suivre la vague, Luc, Buddy et moi-même commençons nos périples en vélo de montagne.
À 66 ans, notre Buddy national se laisse convaincre par Luc et moi-même et il se lance dans l’aventure du Raid Pierre-Harvey. Si vous ne connaissez pas le Raid Pierre-Harvey, c’est un peu l’enfer et il faut être un peu fou pour le faire… surtout à son âge. C’est 300 km à parcourir en vélo de montagne entre Chicoutimi et le Relais du lac Beauport en passant par la réserve faunique des Laurentides. D’ailleurs, il y a participé à cinq reprises. Un peu fou notre Buddy !
En 2000, un autre projet fou à l’horizon. Les organisateurs du premier Triathlon de Lévis ont un projet d’envergure. Afin de promouvoir et de donner une plus grande visibilité à l’événement, ils ont l’idée de former une équipe « toute étoile » avec des « vieilles étoiles » afin de faire le double « Ironman ». Jacques Amyot nagera 7,5 km, Buddy pédalera 360 km et Phil Latulippe courra 84,4 km. L’exploit est réussi les 21 et 22 juillet et on croit même que ça deviendra un record Guinness… 228 ans d’âge réunis pour une telle compétition ne se serait jamais vu…
La piqûre du triathlon l’atteint et il entreprend l’entraînement pour effectuer le triathlon de juillet 2001. Trois entraînements de natation par semaine en piscine, de la course quelques fois par semaine et du vélo. Sa première expérience dans le fleuve est presque catastrophique. Parlez-en à Jean-Yves Babin. Mais il a persisté et finalement, il a complété le fameux triathlon olympique (1,5 km de natation, 40 km de vélo et 10 km de course). Dans les journaux, on vante sa performance de « triathlonien » dans la catégorie des 60 ans et plus, mais on oublie de dire qu’ils n’étaient que deux dans cette catégorie : Buddy et Douglas Wren… mais honnêtement, faut le faire quand même.
À l’aube de ses 75 ans, il continue toujours de s’entraîner et on se demande quelle sera sa prochaine folie.
Comme vous le voyez, Buddy est un homme plein de talents. Permettez-moi de vous énumérez quelques recon-naissances que notre Buddy a reçues au fil des ans et de ses différents milieux d’engagements personnels.
Signalons aussi ses diverses engagements sportifs :