Ma formule estivale, cest dpartir au point du jour, soleil levant
Admirer la profondeur bleu ciel, défier la justice du temps
Brise légère en éventail au matin, murmure le chant du vent
Respirer lair pur, prendre un bol doxygène comme carburant
Petits étirements, puis battre la semelle, léger réchauffement
Passionné, libre comme lair, jrefuse de vieillir carrément
Au simple déclic de mes pompes, cest ldésir qui monte dun cran
Bon an, mal an, aucun maux ne me froisse, ni me glace le sang
Vélocité, cest la plus belle saison de ma vie, celle où y a lété
Cest une piqûre à létat pur, un virus agréable à contracter
Sentir la jambe qui se déroule, prête à marteler la chaussée
Sous le doux crépitement du quartz, des pneus hyperpressés
Traverser les rails en douceur, en travers des chemins de fer
Rouler sur les chapeaux de roues, sans mordre la poussière
Avoir bon vent, puis sentir le déplacement de latmosphère
À vive allure, position accroupie, jambes en caresse de poitrine
Presser la cadence corps et âme, atteindre lexultation du délire
Mouvements dallégresses, cest une fable poétique de plaisir
Déguster la nature à plein temps, refaire le plein à mi-temps
Atteindre le sommet des rêves de la terre, sans borne ni frontière
Se succéder deux changements la minute, face aux vents contraires
Inventer des circuits au hasard, sillonner les berges des Trois-Rivières
Ni lair vivifié, ni les pleurs de la pluie ne mépuisent des heures
Poursuivre sa route sans leurre, comme des oiseaux migrateurs
Prendre sa place dans ltrafic, pédaler en masse, être à son meilleur
Profiter de laspiration, puis triper dans la turbulence de Mike
Locomotive humaine toute vapeur, cest une vraie bête de byke
Sévincer des as sur quatre roues, souvent plutôt maladroits
Dorénavant une véloroute ça se partage, chacun à ses droits
Exquis comme travail à la chaîne, côtoyer un Jacques Amyot
Cest une overdose de tourbillons de rayons, qui ltransporte
Acoustique au concerto pour roues libres, dun Évariste Lavoie
Rouler sa bosse à dérouler son pédalier, léternel Indurain de la voie
Grand magicien des coteaux au pas de danse, sprinter naturel en soi
Ce ptit tableau de poésie, est dédié à tous les cyclistes de la terre
Aux vétérans encore fervents de la pédale, ces passionnés de lunivers
À Louis Garneau graphiste renommé, tout dévoué pour le sport amateur
En harmonie avec les belles randonnées, celle Des Gouverneurs
Puis rendre un vibrant hommage, à tous les bénévoles encadreurs
Massologues artisans de la détente, sans oublier les organisateurs
Surtout à Jacques Landry, qui en est le président dhonneur
Et tout simplement pour lamour du vélo... Gilles Duclos
Novembre 1996