Lhydratation est souvent négligée, et encore plus en hiver. Bien sûr, les pertes deau sont moindres lorsquil fait froid, mais elles peuvent quand même être assez élevées, et affecter la performance.
Les pertes deau
On perd de leau continuellement par la peau et la respiration, et de façon intermittente, dans lurine et les selles; la quantité perdue ainsi est en moyenne de 2,5 litres par jour. Ce sont les reins qui régularisent léquilibre hydrique, sous linfluence de sécrétions hormonales.
Lexercice prolongé saccompagne dune perte par la sueur significative, comme lorganisme cherche à limiter lélévation de température qui se produirait autrement. La quantité de sueur produite peut être considérable; elle dépend de lintensité de lexercice et des conditions environnantes de température, dhumidité et de vent, et dautres facteurs comme lentraînement. La perte deau dans la sueur peut atteindre un litre par heure; les joueurs de football professionnel peuvent perdre jusquà 4 litres (environ 9 livres) au cours dun match. Des pertes de 5 à 8 % du poids sont typiques des athlètes en compétition.
La sueur contient aussi des électrolytes, cest-à-dire des sels minéraux dissous, comme du sodium et du potassium. Au début de la transpiration, la sueur contient beaucoup délectrolytes; mais, au fur et à mesure que la transpiration continue, la concentration en électrolytes diminue.
Rôle de leau
Leau constitue la base du corps; elle représente plus de 60 % du poids corporel, près de 85 % du sang et 75 % du cerveau et des muscles. En fait, on est surtout constitué deau, à laquelle sajoutent dautres éléments ! Les deux-tiers de leau corporelle sont localisés à lintérieur des cellules; lautre tiers circule entre les cellules et dans le sang. Leau est essentielle pour des fonctions vitales : le contrôle de la température, le transport des éléments nutritifs et lélimination des déchets.
Les femmes tendent à transpirer plus efficacement que les hommes; leur sueur est formée de petites gouttelettes qui sévaporent plus facilement. Les hommes suent de plus grosses gouttes qui peuvent glisser sur la peau plutôt que sévaporer, diminuant ainsi leffet refroidissant; mais, ils transpirent généralement plus que les femmes.
Les conséquences de la déshydratation
On qualifie de déshydratation une perte de liquide supérieure à 1% du poids. La déshydratation compromet la dissipation de chaleur, résultant en une élévation de la température corporelle. La déshydratation augmente le risque de crampes.
Pour chaque litre deau perdu (= 1,5 % de 145 livres), les pulsations cardiaques augmentent de 8 battements par minute, la capacité cardiaque diminue de 1 litre par minute. Une perte de 2 % du poids causée par la déshydratation peut diminuer la performance de 15 à 20 %.
Les besoins en eau
Il y a eu une époque où les sportifs et athlètes ont essayé de sentraîner à la déshydratation, sans succès. On ne peut shabituer à être déshydraté; lorganisme na pas de mécanisme dadaptation à ce stress. Il faut absolument remplacer le liquide perdu. De plus, on ne fait pas de réserves, comme les chameaux ! Donc, il faut répondre au besoin au fur et à mesure, cest-à-dire boire de petites quantités régulièrement, développer une habitude. Ce nest pas « rentable » de boire de grandes quantités à la fois; lorganisme élimine les surplus dans lurine.
La quantité de base requise par jour est estimée à 50 ml par kg de poids; une personne de 160 livres aura besoin dau moins 3,5 litres deau. Lors dactivités sportives, les besoins augmentent; des recommandations récentes ont été publiées par le Collège américain de médecine sportive.
Avant un exercice
Boire 500 ml environ 2 heures avant pour promouvoir une hydratation adéquate et allouer assez de temps pour éliminer le surplus deau ingérée.
Durant lexercice
Commencer à boire tôt et à intervalles réguliers de façon à remplacer leau perdue dans la sueur, ou à absorber la quantité maximale pouvant être tolérée; des recherches ont démontré que les capacités cardio-vasculaires, de thermorégulation et de performance sont optimisées si 80 % de leau perdue est remplacée. Mais on sait aussi que dans certaines circonstances, il est difficile dingérer la quantité optimale.
Les liquides frais et aromatisés sont plus agréables et favorisent une plus grande ingestion. Des études ont démontré que la présence de chlorure de sodium (sel) fait boire plus.
Si lexercice dure plus dune heure, laddition de glucides et/ou délectrolytes est recommandée; la performance peut être améliorée sans nuire à labsorption deau, si la concentration en glucides est de 4 à 8 % (4 à 8 g de glucides par 100 ml). Il faut boire 600 à 1200 ml de la boisson de façon à obtenir 30 à 60 g de glucides par heure; les glucides appropriés incluent des sucres (glucose ou sucrose) ou des amidons (ex. maltodextrines). La quantité de sodium peut être 50 à 70 mg par 100 ml deau, pour la rendre plus agréable au palais. La teneur recommandée en potassium est de 20 mg par 100 ml. Plusieurs boissons commerciales répondent à ces critères. On peut aussi préparer une boisson maison avec 1 litre de jus dorange, 1 litre deau et 1 ml de sel.
Lacuité des papilles gustatives est influencée par lactivité physique; la perception des saveurs est accentuée lors dun exercice intense. Cest pourquoi les saveurs sont très atténuées dans plusieurs boissons commerciales pour sportifs.
La soif nest pas un bon indicateur des besoins; lactivité physique en émousse la sensation. Si on se fie à la soif, on ne satisferait quenviron la moitié des besoins. Pour sassurer de boire suffisamment, il faut en avoir développé lhabitude auparavant.
Après lexercice
La réhydratation est la partie la plus importante de la récupération post-exercice. Il faut remplacer leau perdue (un litre de liquide par kg de poids perdu). Lurine est un bon moyen dévaluation; si elle est claire, pratiquement incolore, on est bien hydraté.
Après un effort long ou intense, on doit refaire les réserves de glycogène en consommant surtout des glucides. Plusieurs aliments et boissons conviennent bien, comme le lait au chocolat (comparable au point de vue nutritionnel à la boisson Boost).
Les sources deau
Leau du robinet convient bien. Un rapport du ministère de lEnvironnement et de la Faune indique que leau du robinet bue par la majorité des Québécois, qui provient de réseaux de distribution de taille importante, répond généralement aux normes imposées par le Ministère. Le lait, les jus, les soupes et les boissons sans caféine fournissent des quantités importantes deau. La caféine (ex. café, thé, cola, « smart drinks ») et lalcool sont diurétiques; ils augmentent la production durine et la perte de liquide, contribuant à la déshydratation. Vaut mieux bien se réhydrater avant de prendre la bière méritée !