Sans doute pratiquez-vous le ski de fond davantage pour votre plaisir, votre condition physique ou votre performance que pour votre santé. Vous savez toutefois que la pratique régulière dactivités physiques, particulièrement celles qui comme le ski de fond sollicitent fortement le système cardiorespiratoire, contribue à vous maintenir en santé. Mais jusquà quel point ?
Cest en quelque sorte la question à laquelle sest attaqué le " Surgeon General " des États-Unis avant démettre, dans la foulée des Jeux olympiques dAtlanta, un rapport sur le lien entre lactivité physique et la santé. Cet avis est dores et déjà considéré comme le texte officiel le mieux documenté, le plus persuasif et le plus percutant en cette matière. Cest la première fois que le gouvernement américain généralement peu dirigiste en matière de santé alerte lopinion publique afin de sattaquer à la sédentarité et afin de susciter une augmentation du niveau dactivité physique de la population. Il faut se rappeler que le Surgeon General est une autorité morale dont les positions officielles sur le tabagisme, le SIDA et les habitudes alimentaires ont eu un effet de sensibilisation percutant à léchelle internationale.
Lidée que les gens ayant un mode de vie actif risquent moins de souffrir de certaines maladies est largement répandue depuis longtemps. Cest toutefois au début des années soixante-dix que lon sest mis à cumuler une grande quantité de données fiables permettant de soutenir cette idée. Le rapport du Surgeon General se distingue des autres avis officiels sur lactivité physique et la santé qui ont été émis antérieurement ici au Québec et ailleurs dans le monde, notamment parce quil sappuie sur une analyse détaillée de la totalité des études scientifiques qui ont mis en évidence le rôle préventif de lactivité physique vis-à-vis de nombreuses maladies. Le tableau suivant résume ses principales conclusions.
| Synthèse des conclusions du rapport de Surgeon General des États-Unis sur l'activité physique et la santé [? : résultats jugés non concluants pour l'instant; ß : diminue la probabilité d'en souffrir ou d'en mourir; ? : augmente la probabilité d'en souffrir ou d'en mourir; + : peut avoir un effet bénéfique; ´ : sans effet. | ||
problèmes de santé |
effet de la pratique régulière d'activités physiques |
|
prévalence |
mortalité |
|
| Accident cérébro-vasculaire | ? |
? |
| Anxiété, dépression | ß |
|
| Arthrite | + |
|
| Cancer du côlon | ß |
ß |
| Cancer du rectum, de l'utérus, de l'ovaire, du testicule, du sein | ? |
? |
| Diabète " sucré " | ß |
|
| Hypertension | ß |
|
| Maladies cardio-vasculaires en général | ß |
ß |
| Maladies coronariennes [angine de poitrine, infarctus, mort subite] | ß |
ß |
| Obésité | ß |
|
| Ostéoarthrite | ´ ? (1) |
|
| Ostéoporose | + (2) |
|
| Traumatismes de l'appareil locomoteur | ? (3) |
|
Dans le rapport du Surgeon General, on invite toute personne à être plus active. En effet, les bénéfices au plan de la santé augmentent avec le niveau dactivité physique. Même une faible augmentation de la dépense énergétique hebdomadaire peut pour la personne sédentaire saccompagner dune amélioration notable de la santé [parlez-en à votre beau-frère]. Élément intéressant pour nous, membres de lAMSFQ : le rapport du Surgeon General souligne que la personne déjà active obtiendra davantage de bénéfices en devenant encore plus active ! Je souligne au passage que dans le cadre du Camp des maîtres de décembre 1997, on minvite à prononcer une conférence sur le vieillissement, lentraînement physique et la performance. Certains des éléments du rapport du Surgeon General y seront abordés.
Le Surgeon General reconnaît que ce nest pas tant largument de la santé qui motive généralement les gens à sentraîner : la peur de la maladie et de la mort constitue un argument peu convaincant chez les gens sains. Plusieurs personnes comprennent mal le concept de réduction du risque de souffrir dune maladie et auront tendance à prendre en exemple, pour justifier leur inactivité, les cas de gens aux habitudes de vie exemplaires qui sont tout de même décédés [victimes de leur hérédité] de maladies que lactivité physique est sensée prévenir, comme par exemple, le gourou du jogging, Jim Fix, et le patineur Sergei Grinkov.
On recommande plutôt de faire la promotion dun mode de vie physiquement actif très tôt chez les jeunes et dinsister davantage sur le plaisir que procure la pratique sportive. Mais en tant que skieurs de fond, on savait déjà cela, nest-ce pas ?
Soulignons au passage que lobjectif de Kino-Québec est de réduire de 10 % le taux de personnes sédentaires et très peu actives au Québec avant lan 2000. Ce taux était estimé à 30,2 % en 1993. On peut consulter le résumé du rapport du Surgeon General en visitant le site WWW du " Center for Disease Control " : http://www.cdc.gov/nccdphp/sgr/sgr.htm.
Avril 1997