Vous êtes souvent à bout de souffle ? Vous souffrez peut-être dasthme et le sport fait partie de lordonnance.
Vous arrive-t-il de respirer péniblement, sans raison, tout en éprouvant une sensation de compression thoracique accompagnée dune toux ou dun léger sifflement ? Vous souffrez peut-être dasthme. Au Canada, de 10 % à 15 % des enfants et de 4 % à 7 % des adultes sont asthmatiques. À lurgence, lasthme est à lorigine de 146 000 consultations médicales et de 15 000 déplacements en ambulance; au cabinet du médecin, trois millions de visites sont liées à cette maladie. Le pire, cest que plus dune centaine de personnes meurent chaque année des conséquences de lasthme.
Lironie dans tout ça, cest que vous en souffrez peut-être sans même vous en douter. Puis, un jour, votre corps vous confronte à la réalité. De retour de voyage dans le sud, Michèle sest rendu compte quelle souffrait dasthme à loccasion dun violent épisode de toux dans la section des produits surgelés de son marché dalimentation. " Jai immédiatement fait le lien avec les fréquents troubles respiratoires ressentis au cours de mes sorties de plein air en milieu ambiant froid ou sec, et jai décidé de consulter mon médecin. "
Pour Jean-Jacques, lasthme sest manifesté de façon plus inattendue. " Je suis allé plusieurs fois à lurgence pour des problèmes respiratoires. On les associait toujours à des allergies à lherbe à poux, au rhume des foins ou à une simple sinusite. " Lan dernier, enfin dirigé vers un pneumologue, il a passé des tests, dont celui du volume expiratoire maximum/seconde (VEMS). Alors quil était en pleine crise, on a constaté quil ne pouvait utiliser que 30 % de sa capacité respiratoire fonctionnelle. Il a dû passer 24 heures à lhôpital avant de se promettre de soigner très sérieusement son asthme. Quant à Michèle, cest le test à la métacholine qui a révélé une hyperréactivité des bronches. Verdict : les deux sont des asthmatiques modérés.
Lasthme ne se guérit pas, mais se soigne. Maladie dorigine allergique ou inconnue, elle est caractérisée par une inflammation des bronches produisant des sécrétions et une enflure qui, combinées aux brochospasmes, finissent par obstruer les voies respiratoires. On croit que la perte deau et le refroidissement des voies respiratoires au moment de la respiration sont parmi les éléments déclencheurs des symptômes dasthme, particulièrement au moment de lexercice physique.
Selon le Dr Louis-Philippe Boulet, pneumologue à lhôpital Laval, à Sainte-Foy, " le but du traitement est de maîtriser lasthme et dapprendre à éviter les facteurs de déclenchement. Il faut éliminer les allergènes auxquels on est sensible et les éléments irritants présents dans lenvironnement. Si cela est insuffisant, il faut trouver la dose minimale de médicament à prendre. "
Michèle et Jean-Jacques inhalent quotidiennement un corticostéroïde. Mais les gens craignent souvent de prendre des médicaments. Pourtant, selon le Dr Boulet, la corticothérapie, par exemple, na pas deffets secondaires importants puisque la dose de cortisone inhalée est faible et administrée localement, à la hauteur des poumons. Elle ne crée ni dépendance ni effet indésirable comme dengraisser ou de fragiliser les os. Lorsque la cortisone est administrée par voie orale pour une longue période, elle peut provoquer ces effets secondaires désagréables parce quelle circule dans le sang, ce qui nest pas le cas avec les corticostéroïde inhalés. Le second obstacle au contrôle de lasthme, cest la difficulté à éliminer les substances allergènes ou irritantes comme un tapis, ou même un chat.
Et lexercice, dans tout ça ? Faire du sport peut être un irritant, mais lactivité physique fait généralement partie du traitement de lasthme. " Pour un asthmatique, il est très important dêtre le plus en forme possible, affirme la Dr Sylvie Boulet, infirmière éducatrice au centre denseignement. Je prescris donc de lexercice à certaines conditions. Par contre, en période instable, mieux vaut sen abstenir temporairement. "
Un asthmatique devrait toujours faire une période déchauffement de 10 minutes à 60 % ou moins de son effort maximal. De 15 à 20 minutes avant de faire une activité physique, beaucoup dasthmatiques inhalent un bronchodilatateur en aérosol : bêta-2 agoniste de courte ou longue durée (ex. : Ventolin, Brycanyl, Pro-air, etc.).
Les sports de prédilection : ceux qui se pratiquent dans des conditions dair ambiant humide et chaud, comme la natation. Les plus irritants sont les sports dendurance comme la course à pied, et ceux qui se pratiquent à lair froid, comme le ski de fond. Il faut éviter de sentraîner à lextérieur quand il fait très froid ou quand le taux de pollen est trop élevé pour ceux et celles qui y sont allergiques.
Mais bon, une médication adéquate et un suivi régulier par un médecin font en sorte quon peut continuer de pratiquer ses sports favoris. Michèle joue au hockey, au soccer, au tennis, fait du jogging, du ski de fond et du ski alpin. Limportant, cest de bien évaluer la situation. et de prendre ses précautions. Par exemple, lorsque quil fait du surf des neiges, Jean-Jacques porte maintenant un foulard sur sa bouche afin de réchauffer lair quil respire. Somme toute, cest un compromis raisonnable pour continuer à suer en faisant du sport.
Cet article a été publié dans Géo plein air davril 1998. Nous avons obtenu lautorisation de reproduction.
Mai 1999