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L’Ultratriathlon de Lévis

L’Ultratriathlon de Lévis par Raymond Couture

21 et 22 juillet 2000
7,6 km natation – 360 km vélo – 84,4 km course à pied

Une semaine avant l’épreuve, un cycliste d’expérience s’exprime

(Conférence tenue le 12 juillet 2000 au Club nautique de Lévis)

À 72 ans, moi, Raymond Couture, j’ai accepté de participer à cette épreuve en faisant équipe avec deux « monuments » du sport : Jacques Amyot et Phil Latulippe, respectivement âgés de 75 et 81 ans. Si je suis ici ce soir, c’est pour vous faire part du plaisir que j’ai eu à faire équipe avec eux. Ancien professeur de musique, il me fait plaisir de me trouver à nouveau devant un public. À ma retraite, je suis passé de musicien‑sportif à sportif‑musicien. Mon tour de taille s’en est bien accommodé, puisqu’on m’appelle le « Phil Latulippe » de la Rive‑Sud ! Revenons plutôt à mes coéquipiers, mais avant, permettez-moi de dire quelques mots sur un respectable « triathlète » de 77 ans, Douglas Wren.

Douglas Warren : un « triathlète » accompli en type classique
(1,6 km natation – 40 km vélo – 10 km course à pied)

Douglas dit ne pouvoir performer dans aucune des trois disciplines. C’est pourquoi il les fait toutes ! Ancien pilote de guerre, blessé à plusieurs reprises, Douglas prétend que s’il vit encore, c’est grâce à la médecine moderne. Ce grand amoureux de la vie et de l’aventure trouve mesure à ses aspirations dans le triathlon. Il adore l’ambiance qui règne au moment de l’événement. Il tire de la foule qui le supporte une grande part de l’énergie nécessaire pour accomplir les trois disciplines. En course à pied, il lui arrive même de changer de côté de route pour aller serrer des mains ! Douglas est de ces intellectuels dont la rigueur apporte toujours sa touche lumineuse à la plus banale des conversations. Longue vie à toi Douglas ! Et bonne chance au triathlon la semaine prochaine !

Phil Latulippe : jamais trop tard pour se mettre en forme
Ce militaire à la retraite est doué d’une grande force de caractère. Ce n’est que tard dans sa vie qu’il s’est adonné à la course à pied. Pour rien au monde il ne saurait aujourd’hui s’en passer. À 80 ans passés, les yeux de Phil brillent encore de toute leur jeunesse éternelle. Sa grande générosité à prodiguer des conseils aux jeunes et aux moins jeunes ont fait de lui un personnage écouté et respecté. Son expérience unique mérite d’être reconnue dans notre société. Phil et Lucie, son épouse, forment un tandem des plus efficaces. Au cours de l’entraînement, Phil et moi, nous nous sommes souvent téléphonés. Tandis que je m’entretenais avec lui, j’entendais souvent la voix de Lucie s’exclamer : « Phil, dis à monsieur Couture de ne pas se stresser avec la compétition, sinon il va attraper le zona ! » Phil, nous te souhaitons tout le souffle nécessaire pour parcourir les 84,4 km !

Jacques Amyot : heureux comme un poisson dans l’eau
Figure pourtant connue dans le monde de la natation, il y a quelque temps qu’on n’entendait plus parler de Jacques… Et voilà qu’il « refait surface » pour l’Ultratriathlon… Et pourquoi ? « Parce qu’on me l’a demandé ! » a‑t‑il répondu quand on l’a questionné à propos d’une éventuelle participation à l’événement. D’une nature simple et attachante, Jacques n’en a pas moins un sens de l’humour qui nous a largement aidé lors de l’entraînement. Jacques affirme participer à l’épreuve la plus facile ; pour Phil et moi, qui nageons comme des « fers à repasser », nous ne sommes pas d’accord avec cette affirmation ! Jacques, puisses-tu vivre ces 7,6 km… comme un poisson dans l’eau !

Les grands oubliés
Dans nos aventures, nous oublions trop souvent de remercier les bénévoles qui travaillent en coulisses. Sans eux, pas d’événement sportif ! Je les remercie du fond du cœur. Que dire aussi de la présence de nos vaillantes épouses, toujours là à subir les inconvénients de nos péripéties ? Nous établissons sûrement un record « Guinness » : nos quatre « veuves » totalisent 204 années de vie commune avec les sportifs que nous sommes ; c’est sûrement un indiscutable record d’endurance… Et ce n’est pas fini…

Sport et vieillissement
« La véritable jeunesse est une qualité qui s’acquiert avec l’âge » écrivait Cocteau. Voilà une élégante façon de dire que lorsqu’on accepte de vieillir, ma foi… on garde cette fraîcheur d’âme qui a quelque chose à voir avec la jeunesse perdue. Dans la pratique sportive, on connaît mieux nos limites, on s’encourage et on s’apprécie davantage. C’est une erreur de prétendre qu’à nos âges, nous sommes nécessairement isolés voire inutiles. Ne sommes‑nous pas aussi jeunes que notre foi et notre confiance et aussi vieux que nos doutes et nos abattements ?

Octobre 2001

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