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Cours de ski

Cours de ski par Réjean Fournier

Les activités

Encore cette année, votre association a organisé des sessions de formation et des cours de perfectionnement en ski. L’apprentissage du style classique a été confié à Bernard Bilodeau, alors que Léon Simard dispensait son savoir sur le pas de patin. Au programme des cours de perfectionnement : enseignement avec matériel vidéo sur le un pas et le deux pas double poussée avec Léon, et un cours sur la maîtrise de la descente avec Jules.

Les personnes-ressources

Bernard Bilodeau complète actuellement un doctorat en ski de fond à l’Université Laval. Au cours des années, Bernard a recueilli énormément d’informations sur les différentes techniques, les styles et les performances des coureurs et sur les orientations mondiales en ski. Les maîtres peuvent profiter de tout ce bagage.

Léon Simard, professeur de mathématiques de formation, est devenu avec le temps un spécialiste du pas de patin. Occupant ses temps libres à lire, à décortiquer des vidéos portant sur le pas de patin et à pratiquer les différentes techniques, Léon est le spécialiste de l’équilibre. Sa formation aidant, il a su trouver les bons moyens éducatifs afin de transmettre ses connaissances aux élèves.

Jules Rancourt est responsable de l’école de ski de fond du Mont-Sainte-Anne. Il a une formation en éducation physique et a obtenu le niveau III d’entraîneur en ski de fond. Il est actuellement un des entraîneurs du Club de ski nordique Mont-Sainte-Anne. Son passé de coureur, son expérience avec les jeunes et son style fonceur font de lui un excellent descendeur en ski de fond.

Merci à l’association pour la qualité des personnes-ressources choisies.

Les sessions de formation

Cette année, Bernard Bilodeau a abandonné son chronomètre et remplace Daniel Auclair à titre de spécialiste du classique. En effet, au cours des dernières années, Bernard s’occupait du chronométrage et du traitement des résultats des cours du mardi soir et Daniel donnait les cours de classique. Léon Simard, quant à lui, est, depuis plusieurs années, le spécialiste du patin.

Durant ces sessions, Bernard et Léon, après avoir passé en revue une à une les différentes variables du problème de l’équilibre, ont précisé aux élèves maîtres les méthodologies nécessaires à une bonne exécution des techniques : l’endroit où piquer les bâtons, la position des bras, l’inclinaison du tronc, le fléchissement des genoux, la position de la tête, l’angle, etc.

Les cours se donnaient en soirée à Québec sur le magnifique site des Plaines d’Abraham. Les personnes inscrites pouvaient ainsi, à raison de deux soirs par semaine, apprendre des techniques qu’elles expérimentaient la fin de semaine dans leur centre de ski préféré.

L’avantage des cours en semaine est indéniable. Ces cours, entrecoupés d’exercices pratiques la fin de semaine, assurent un apprentissage continu : l’élève peut ainsi mieux maîtriser les techniques enseignées, questionner son professeur, lui exposer les problèmes rencontrés et obtenir des explications ou des réponses. L’activité se termine par une session vidéo au Mont-Sainte-Anne.

Selon les commentaires reçus, nos spécialistes ont été appréciés. Bernard a l’œil du ralenti de son vidéo pour déceler ce qui ne va pas. Léon sait atteindre l’équilibre entre la pertinence et l’efficacité des enseignements et le plaisir de skier. Jules illustre de façon convaincante la nécessité de posséder certaines techniques de descente afin de pouvoir skier de façon sécuritaire.

Cet hiver, l’Association a organisé deux sessions de perfectionnement : une le 31 décembre au rang Saint-Julien au Mont-Sainte-Anne dispensée par Léon Simard et portant sur le un pas et le deux pas en patin; l’autre le 19 février au centre de ski alpin du Mont-Sainte-Anne consacrée aux techniques de descente avec Jules Rancourt. J’ai moi-même participé à cette deuxième session. Permettez-moi de vous affrioler en vous témoignant mon expérience.

Merde !…

Mon ami Pierre Bernatchez m’apprend, une semaine avant, qu’il m’avait inscrit à un cours de perfectionnement en descente donné par Jules. Merde! me suis-je dit, encore une journée de ski perdue [C’est un réflexe de  » pépère  » : je me réserve habituellement la fin de semaine pour aller au Mont-Sainte-Anne skier À MON GOÛT]. Finalement, après cogitations, discussions avec moi-même et mû par le désir de faire plaisir à Pierre, j’y consens.

Samedi matin 9 h 05. Il ne fait pas froid et la journée s’annonce belle. J’arrive au rendez-vous, personne! Je lève la tête vers la pente école et je vois de la couleur [pourtant Léon n’est pas encore arrivé], des skieurs légèrement vêtus et bizarrement chaussés pour un tel centre de ski. Ils sont déjà à l’œuvre. Nous serons dix : Pierre, Jean, Jacques, Julien, Jean-Marie, Jean, Michel, Léon, moi et Jules, notre expert en descente.

Le rouge orange de Salomon en évidence, les cartons aide-mémoire fichés aux avant-bras, Jules semble d’attaque. Rapidement, il toise son monde, évalue mentalement les habiletés de chacun, rassure les moins avancés techniquement et motive les autres. Les éducatifs défilent à la vitesse du un pas double poussée. Nous apprenons différentes techniques permettant de contrôler une descente : le pas chasse-neige, le pas du patineur, le pas tournant, le dérapage contrôlé, l’arrêt, les enchaînements et surtout quand utiliser ces différentes approches.

Jules essaie de nous impressionner avec une descente amorcée en pas de patin suivie d’un virage à 180°, d’une poursuite de la descente à reculons, d’un autre virage à 180° pour se retrouver finalement dans le bon sens. J’ai déjà vu mon fils Antoine exécuter une telle cascade. Je sais maintenant à qui expédier les factures des skis et bâtons cassés. Je me donne secrètement l’objectif de réussir ce truc avant la fin du cours.

Personne ne s’ennuie, chacun y trouvant son intérêt. Monte, descend; monte, descend; monte, descend; on comprend rapidement l’utilité du pas amblé enseigné par Léon. Ça commence à s’agacer, les langues  » sales  » s’exécutent, les commentaires fusent et la camaraderie s’installe. On apprend à exécuter les pas des deux côtés. Les conditions sont idéales : la piste est large et lisse comme un tapis, la glisse est bonne et, surtout, il n’y a pas d’arbres qui pourraient créer des situations de panique. On peut répéter un virage dix fois, quinze fois si on le désire. Pour plusieurs, c’est plus d’essais que durant toute une saison de ski.

Youppi!

Vers 11 h 30, une surprise nous attend. Jules nous annonce que nous sommes autorisés à utiliser les gondoles pour atteindre le sommet et descendre le Chemin du Roy. Assis dans la gondole, nous nous sentons observés, analysés, mais personne n’ose passer de commentaires sur notre accoutrement.

Arrivés au sommet, nous cherchons la piste en question et amorçons notre descente. Ces 6,4 km de descente nous fournissent l’occasion d’effectuer des dizaines de virages, d’arrêts et de pas tournants. Chose étonnante, après 500 mètres, il n’y a presque plus de skieurs alpins et la piste nous appartient. Nous nous attardons dans une section intéressante: une descente suivie d’un virage à 90° que l’enthousiasme nous fait remonter à sept ou huit reprises. C’est peut-être ce qui a permis à Jean-Marie de maîtriser le déphasé et à Pierre de réussir à tourner du côté droit ! Nous continuons à dévaler la montagne et j’en profite pour exécuter la cascade du 180° et descendre une partie à reculons. Nous nous sentons en contrôle de la situation. C’est le bonheur total !

La descente n’est pas terminée que nous pensons déjà à revenir. Plusieurs interrogations alimentent la discussion : l’Association devrait-elle répéter cette activité ? Le Mont-Sainte-Anne pourrait-il réserver une piste aux fondeurs descendeurs ? Peut-on réutiliser la pente école ?

Déjà au bas de la pente ! Je regarde ma montre : 13 h 15. Léon nous assure que c’est un bon quatre heures à inscrire à son carnet d’entraînement. Nous nous séparons avec un petit creux à l’estomac.

Remerciements à l’Association des maîtres pour ces activités et au Mont-Sainte-Anne pour le local et l’accès aux pistes.

Mai 1995

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