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Loppet Boréal 2010 / partie 2

Cette année André(1) m’accompagne. On vient de quitter Lac Beauport, direction Forestville. Comme tous les ans, c’est à mon auto que j’ai confié le soin de me transporter jusqu’au départ de la Loppet Boréal. Elle en a eu pour son kilométrage.

Il neige, il pleut, il poudre, il vente, il grésille. Les conditions climatiques sont exécrables, les vents violents atteignent les cent kilomètres à l’heure et la visibilité est nulle. L’auto est sans cesse déportée par des bourrasques de neige. La Zamboni est passé sur la chaussée et la glace est parfaite. Inutile de décrire le trajet, un seul mot le fait admirablement bien : abominable. La route va être longue. Et elle a été longue…

Mon véhicule a été le dernier à embarquer sur le traversier de Tadoussac qui a ensuite interrompu ses services pour quelques heures.

Tous ces moments difficiles seront vite oubliés une fois rendu à l’Écono Lodge, à Forestville.

On va même prendre le temps d’aller tester la piste et les conditions de glisse. La couverture neigeuse est mince sur le plateau de départ. Sur les deux premiers kilomètres ,la couleur de la neige n’est pas trop attirante mais ensuite, tout est parfait. Une fois de plus les traceurs ont fait des miracles(2).

Revenons aux choses sérieuses : la bière et le souper . Le dépanneur est toujours compétitif côté  » spéciaux « . Quant au buffet de l’Écono Lodge, il est toujours parfaitement adapté à une veille de course de longue distance.

Les amis sont presque tous là malgré des conditions routières exécrables qui ont empêché certains groupes de se déplacer ( le traversier de la rive sud est fermé ).

Lors de la réunion d’information, après le souper, les organisateurs nous confirment que la course de 100 km n’est pas maintenue et qu’elle est remplacée par un 54 km ( on fera deux boucles de 27 km ). Merci aux organisateurs d’avoir pris cette sage décision. Les skieurs qui ont manifesté une petite rumeur de mécontentement l’auront vite oubliée demain matin lorsqu’ils seront face au vent.

Bonne nuit tout le monde.

La nuit a été ponctuée de rafales de blizzard. Les murs de la chambre ont tremblé à plusieurs reprises. On est chanceux d’être au chaud.

Cinquante trois réveils ont sonné en même temps, vers six heures du matin, annonçant le petit déjeuner et la période de réchauffement. Le temps d’avaler mes bagels, d’enfiler mes combines et me voilà en plein vent essayant d’atteindre le plateau de départ ( un pas en avant, deux pas en arrière ). Le vent est encore plus violent qu’hier. Trois bénévoles attelés à une cabane de pêche sur glace triment comme des damnés pour la transporter sur la ligne d’arrivée afin d’y abriter les officiels.

Les participants aux différentes épreuves testent les skis, les parachutes et les cerfs volants.

Surprise… Les organisateurs viennent d’annoncer que je suis l’ambassadeur de l’événement. Je ne le savais pas…j’aurais mis un habit. Lorsqu’ils m’ont demandé de donner le départ du 54 km classique, je n’ai eu que quelques secondes pour pratiquer. Mais elles ont été suffisantes pour que mon  » 3-2-1-partez  » soit une véritable réussite. Le départ a été fabuleux.

Dix minutes plus tard, c’est au tour des skieurs du 54 km patin de se regrouper sur la ligne de départ. La qualité du  » 3-2-1-partez  » est excellente mais manque du dynamisme et du brio de celle du départ précédent. Croyez-le ou non, je me suis glissé dans les trois premiers pour dix mètres, le temps de paraître à mon avantage sur les photos du départ. Mon cardio m’a ensuite ramené à la réalité, et derrière les vedettes. De toute façon, je ralentis toujours au passage devant le MacDo ( je respire un bon coup, ça me donne des forces ).

La neige est brunâtre, molle et mouillée mais ne contient aucun résidu solide ( dommage, j’ai l’habitude au Mont Royal ). Le peloton s’effrite assez rapidement et chacun s’installe à sa place. Le vent est tellement fort qu’il n’est pas possible de rester devant un groupe. Il faut prendre des relais, chose qui s’organise admirablement bien dans le groupe avec qui je fais du social. Le skieur de tête laisse très poliment sa place au skieur suivant , se laisse déporter en queue de peloton et profite pour quelques minutes d’un paravent gratuit. C’est une technique avantageuse qui permet de discuter avec un peu tout le monde et non pas uniquement avec le voisin immédiat. La piste est bien tracée, propre et large.

Une petite montée. On s’attend au sommet. Tout le monde est là ? OK, on repart. Le long des lignes électriques, la violence du vent force le groupe à faire de la marche arrière. Suit une belle portion de piste

relativement plane, bien abritée et qui serpente entre les arbres. Mes skis se déchaînent. Ils veulent rattraper une paire de Peltonen qu’ils trouvent à leur goût. Je les laisse faire, après tout ce sont eux les vedettes ( pour le moment ).

Les traceurs ont fait des miracles. Je vais écrire au Vatican, des fois qu’on aurait besoin de noms pour les prochaines canonisations.

Les kilomètres se suivent et se ressemblent. Les organisateurs ont commandé le même vent que je retrouve généralement en canot ( le modèle qui tourne avec les virages et qu’on a toujours de face ) . Je me demande si on fait vraiment une boucle, le vent est toujours dans le même sens. Je ne sais pas trop comment j’ai réussi à faire le premier tour, mais lorsque j’ai vu la pancarte du km 25, j’ai pensé à la ligne d’arrivée.

Niaiseux…il reste encore un tour. Exactement le même, avec le vent aux mêmes endroits, la neige croustillante aux même places, les ravitaillements tout aussi bienvenus et avec les mêmes skieurs pour le social. Il faudrait peut être que je m’arrange pour les larguer, si je veux faire bonne figure à l’arrivée. Je me casse donc la figure dans un virage et mes amis me quittent. Voilà, je suis seul. Un peu de méditation va me faire le plus grand bien.

Les officiels me l’ont confirmé: j’ai bien fait le second tour mais je ne m’en souviens pas. Par contre les deux derniers kilomètres le long de l’aérodrome ont laissé des traces d’acide lactique dans mes articulations. Je suppose que c’est l’odeur de la soupe chaude qui nous attend qui m’a guidé jusqu’à la ligne d’arrivée.

Un coup de Kleenex, une ou deux interviews et je m’écroule.

Je me relève illico car cette année ce n’est pas une ambulancière qui donne la respiration artificielle. Le temps d’enlever mes skis, de les remettre dans leur sac et je me précipite dans la tente ( sous laquelle deux brûleurs dispensent une confortable chaleur ) pour une copieuse collation. Je m’installe sur une chaise de camping en toile ( le modèle qui est vendu autour d’un trou pour mettre la bouteille de bière ). Une charmante bénévole m’a offert délicatement un verre de bouillon chaud. Bonne initiative…Ça me change des verres de boisson sucrée que j’ai renversé sur mon costume de ski pendant la course.

Tranquillement, je reviens à la vie. J’ai même le courage ( mais je dois le prendre à deux mains ) d’aller chercher un morceau de fromage et des glosettes.

Marie et Myriam ( deux jeunes skieuses du Club Rapido ) viennent de terminer leur course. J’ai profité de leur compagnie pour vérifier la théorie de la superposition des couleurs.

Je vous livre les résultats de notre étude . Si on mélange du Gatorade jaune avec du Gatorade bleu ( le modèle fluorescent ), on obtient du Gatorade vert. Le mélange de Gatorade jaune et de Gatorade rouge donne bien du Gatorade orange. Par contre si on mélange du Gatorade bleu avec du Gatorade rouge, on obtient un Gatorade de couleur brunâtre, pas très attirant et non pas du Gatorade violet.

C’est vraiment ma course préférée… Entre la ligne d’arrivée et la douche il y a 74 secondes de marche rapide. J’en profite pour me vautrer dans le bain, et ensuite dans le lit(3). N’oublions pas les Olympiques.

Avec André, on a subit cinquante minutes de curling avant de s’endormir pour se réveiller une fois le trente kilomètres féminin(4) terminé. Aucun commentaire. Le banquet va nous remonter le moral.

Belle ambiance, nourriture de qualité ( surtout les desserts, j’en ai pris 6 ), atmosphère chaleureuse . Tous les ingrédients sont présents pour une parfaite réussite.

On a eu droit à quelques discours ( sauf le mien, je ne l’avais pas préparé(5) ). Une petite mise au point . Lorsque le représentant de l’Office du Tourisme a dit que le sort s’acharnait sur la Loppet, il ne parlait pas de mes inscriptions successives mais faisait références aux conditions météorologiques.

De bière en verres de vin, on est arrivé à la remise des médailles. Les œuvres d’art de Rose-Marie,  » La marchande de sable « , sont toujours aussi belles et appréciées. En temps qu’ambrassadeur, j’ai eu le plaisir d’en accrocher aux cous de plusieurs des compétitrices et de les féliciter de leur performance. Pour ma part, j’ai eu droit à une belle surprise : un vitrail de Rose-Marie. Il est magnifique et orne une des fenêtres de mon logement. Je vais souvent penser à elle et à vous tous.

Il se fait tard. On reprend la route de bonne heure demain. On rentre. Bon dodo à tous.

(1) Nouvelle révélation étonnante dans le monde des maîtres : André ne se rase pas la tête les veilles de course car la tuque ne tenant pas sur un crâne rasé. Je lui ai suggéré d’utiliser les bandes adhésives START pour la fixer. L’idée est bonne mais ces bandes sont de plus en plus rares dans les coffres de fartage.

(2) Seront-ils les prochains… après le frère André ?

(3) … et dans la bière.

(4) Je précise pour les maîtres qui pensent que j’ai fait une faute d’orthographe que ce ne sont pas les kilomètres qui sont  » féminin », ce sont les participantes.

(5) Depuis cette soirée mémorable, je me suis rattrapé et j’ai envoyé mon discours aux organisateurs. Demandez le leur.

C’est pas fini….

Mes douze paires de skis font la grève. Après avoir lu le texte qui précède, elles veulent que je raconte LEUR course. Je vous transmets donc l’intégrale de l’interview de ma paire de X-IUM Skating WCS, réalisée par Radio Canada sur la ligne d’arrivée de la Loppet Boréal, édition 2010.

Fruit de l’accouplement d’une technologie avant-gardiste et d’une construction avec plaque intégrée, c’est en Espagne que papa et maman Rossignol m’ont conçue. Mon noyau de Monex nid d’abeille, ma configuration octogonale et ma nouvelle ligne de côte Vario Cut, alliés à une semelle de graphite K7000 à structuration numérique font de moi une des vedettes de la glisse. J’ai plusieurs soeurs jumelles, mais malheureusement, la famille a été dispersée dans plusieurs pays. Après une courte période en pouponnière, avec quelques centaines de mes jumelles, j’ai pris l’avion pour votre beau pays, via Granby.

Remise du décalage horaire, après quelques jours de repos, j’ai subi mes premiers tests. Un ordinateur m’a évaluée sous tous les angles: taille, cotes, cambrure, flexibilité, comportement à la torsion, réaction à l’écrasement ( à pleine charge et à demi-charge ), qualité de ma semelle, perfection de mon cosmétique… Le verdict final est tombé. Je suis destinée à un coureur d’élite ( n’ayons pas peur des mots ). Une magnifique étiquette me lie désormais à Paul J… mon nouveau chauffeur. C’est lui qui va prendre soin de moi ( nettoyage, passage au four, engraissement ). En échange, je me dois de lui assurer glisse, maniabilité, confort et efficacité. C’est ce que j’ai tenté de faire dans la course qui vient de se terminer. Je vous la raconte depuis le début.

Vendredi soir

Je somnolais, confortablement allongée dans mon sac protecteur, dans une belle chambre de l’Écono Lodge lorsque Paul m’a ramenée à la réalité. C’est l’heure du fartage. Me voilà donc fixée au banc de fartage. Pour commencer, mon soigneur gratte la couche de fart qui me protège des rigueurs du voyage. Suivent quelques coups de brosse énergiques, histoire d’évacuer les quelques saletés qui pourraient boucher mes pores. J’aime particulièrement cette séance d’étrillage. Viennent ensuite sept couches de … (c’est un secret que je ne peux pas dévoiler) .J’ai droit à une petite pose pour me refroidir. La phase de grattage est moins agréable mais on s’y fait. Quand à l’étrillage à la brosse, c’est mon moment préféré. Surtout avec la brosse de crin de cheval. Elle donne du brillant à ma base et rajeunit mes structures. De retour dans le sac de rangement, je m’accorde un repos bien mérité pour être en forme demain matin.

Samedi matin

6h. Paul vient me sortir du sac et je rejoins les collègues par un beau – 1oC sur le plateau de départ pour les tests de glisse. Le contact avec la neige est brutal mais la cire me protège efficacement. Alignée avec mes confrères, je me sens intimidée par les regards admiratifs de plusieurs skieurs. » Regarde les WCS… la base est de toute beauté… c’est le nouveau modèle… des bombes… tenue de piste incroyable « . Je dois cependant quitter mon fan club pour les tests de glisse. Il va falloir se montrer à la hauteur: je suis en compétition avec mes deux paires jumelles.

Le test est capital. Je dois me concentrer et faire de mon mieux. Le long d’un faux plat descendant, je plie, je courbe, j’épouse les moindres méandres de la piste refusant de me laisser ralentir pas les blocs de glace, les brindilles et les feuilles que je survole au passage. Grâce à ma Xplate, je répartis mes appuis le plus efficacement possible. Chaque centimètre me rapproche de la sélection. Je suis tellement absorbé par mon comportement que j’en rote du fartage. Tant mieux, ma glisse est excellente. » C’est les WCS que je prend « . Youpi !!! j’ai battu mes amies. Reste à prouver que je suis effectivement la meilleure.

Retour au calme. On part dans trente minutes. J’en profite pour me détendre les pores et me refaire une flexibilité. J’ai même droit à une petite gâterie ( au feutre, pour me récompenser ).

En route vers le plateau de départ, je salue quelques connaissances: Fischer, Atomic, Madshus qui comme moi se dirigent vers la ligne de départ.

La semelle sèche, les rainures tendues, bien calée dans mon couloir, j’attends le coup de feu.

Pan! C’est un départ. Démarrage en douceur. Ce n’est pas le moment de casser ni de se laisser intimider. Quelques coups de spatule pour me frayer un chemin. L’occasion étant trop belle, j’écrase un Madshus Nanosonic Carbon un peu trop agressif et balance un coup de spatule pas méchamment ( grâce à la souplesse de ma spatule Carbon Modulus ) à un RCS Skating Plus trop affectueux. En quelques minutes, on atteint le régime de croisière. La piste est large. On peut enfin s’exprimer pleinement sans risque de fracture. Je décide de suivre un groupe de 3 ou 4 paires qui glissent à mon goût. Le « cruise control » est enclenché. On peut même échanger quelques mots:  » Tu viens d’où ? – C’est quoi ton fartage ? – Salut, bien récupéré de la semaine passée ? « 

Et l’effort continue. Oh la belle petite paire de Peltonen Supra-X Hybtonite. Elle vient du Mont Ste – Anne. Je lui ferais bien le coup du klister qui colle mais plus tard… Pour le moment, je dois me concentrer. On est sur le chemin du Vieux Laval. La piste rétrécit et grimpe sur plusieurs centaines de mètre. Je sens l’effort appliqué par mon chauffeur. Chaque impulsion me colle à la neige. Je m’y agrippe de tout mon fart, m’efforçant de progresser sans relâche. Mes spatules pilent sur la paire qui me précède, mes talons sont écrasés par le poursuivant. Aie! Je viens de prendre un coup de pointe, ça pique. Ça joue dur, mais il faut s’accrocher. Le patron décide de doubler. Je me retrouve coincée entre un banc de neige et des Atomic World Cup agonisants. Des parcelles de terre m’égratignent le Ptex, mais je passe. Tant pis pour l’esthétique. Les cicatrices seront autant de preuves de ma combativité. La ligne d’arrivée est en vue. Il reste un second tour avant de penser au repos.

Le tempo accélère. La neige a changé. Granuleuse, elle glisse moins sous mes semelles. Agressée par des cristaux acérés, je sens ma glisse diminuer. Pour ne pas lâcher mon groupe, je me dois d’être vigilant et de compenser la perte de glisse par une technique irréprochable. Mes carres soufrent mais combatives comme je les connais, elles grignotent les secondes. Merci à mes concepteurs. Ils m’ont donné les qualités nécessaires pour attaquer chaque virage bien à plat, m’efforçant de suivre la meilleure ligne de courbe sans mouvement parasite ni dérapage intempestif. Le patron skie en puissance mais je sens bien qu’il se garde quelques cartouches pour les derniers kilomètres. Je garde donc quelques cartouches en réserve. Il faut tenir encore un tour.

Lors du premier passage devant la ligne d’arrivée, il faut faire bonne impression auprès des spectateurs. Puis on repart pour un second tour de souffrances. Mes cellules ne fonctionnant plus à plein régime, j’en perd des bouts. Je ne me souviens pas de tous les kilomètres.

J’amorce enfin le virage qui annonce le chemin du retour. Au second relais, le boss arrête. Il est temps de m’hydrater. J’ai le plaisir de me faire recouvrir d’une couche de fart liquide avant de reprendre la piste. Les faux plats se succèdent. À moi de me déchaîner. C’est le moment de larguer les concurrentes. Mes chants verticaux Triax assurent ma rigidité dans les descentes et ma double rainure me procure une formidable stabilité ( et une fluidité remarquable ). Semelles rigoureusement à plat, je relève mes spatules et je fonce, insensible aux charmes et au cosmétique d’une de mes collègues de Québec joliment bien tournée ( 42/45/44/44 ). La fatigue commence à se faire sentir, je blanchis des talons. Mes réserves de fart s’épuisent. L’anémie me gagne. Consolation, les collègues que je dépasse le long de la rivière ont l’air maganées. Grand Seigneur, je dispense quelques encouragements: « Lâche pas, encore quelques kilomètres ». Tiens, ces Peltonen, je les ai vus au départ. Je viens de les rattraper. Bravo.

Le patron est déchaîné et la piste de l’aéroport est devant nous. La ligne d’arrivée est en vue. On se paye un petit sprint pour les caméras. Je suis électrisée. J’aurai certainement droit à un coup de défartant de Jan.

Terminé. Les semelles en l’air, j’attends que le boss se relève. Un bon samaritain me décroche des fixations. J’ai le droit à un bec du patron et à ses félicitations. « C’est pas des WCS, c’est des F18″…Toute une apologie.

Accotée à une barrière, je discute avec les amies. Conversation classique d’après course:

« J’avais du LF4… ça me ralentissait à l’ombre « .

 » Mon CH4 était correct mais au km 45, le chauffeur a cassé « .

« Je vais avoir droit à une chirurgie esthétique, regarde la « scratch » que j’aie « .

 » J’ai pris une pointe dans le Ptex… deux belles rayures ».

 » J’ai vu un Carbonlite Skate Plus plié en deux – Il devait être plié de rire en te voyant passer – Ben non… y avait une gourde au milieu de la piste « .

 » On se revoit au camp Mercier « .

 » Je prends ma retraite, le boss me remplace l’an prochain « .

 » Tu fais quoi cet été? Je m’occupe d’une paire de NIS Women pas mal à mon goût qui partage mon sac de rangement – Chanceuse, mon coloc c’est une vieille paire de skis de roche qui sent le crottin de cheval. Il vient du Mont Royal « .

 » Moi je suis voisine d’un banc de fartage, on est fait l’un pour l’autre « .

Et la vie continue. On me flatte, me soupèse, me compare et finalement je retrouve mes copines dans le coffre de l’auto. Je vais pouvoir leur raconter la course.

Une petite semaine de repos s’en vient dès que j’aurai été nettoyée et recouverte d’une bonne cire molle.

À bientôt.

 


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